La forêt de Guyane au cinéma : de la satire « La Loi de la jungle » au drame « La Vie pure », deux regards sur un territoire fantasmé
D’abord, arrêtons-nous sur ce terme. « Il est très connoté, rappelle Ingrid, de la page Cinégridine ; le mot jungle évoque fatalement l’imaginaire colonial, avec un espace à conquérir et à civiliser. Le film La Loi de la jungle joue sur cet aspect. »
La loi de la jungle: loufoque
Le pitch : un homme qui n’a réussi à trouver qu’un seul lieu de stage, la Guyane. Sur ce territoire, il doit implanter une station de ski. Le ton est donné. « C’est un film loufoque, un peu perché, dans la veine des films de Quentin Dupieux. Les personnages et les situations sont ubuesques, les dialogues aussi… On passe un bon moment, reconnaît la critique cinéma. C’est un film qu’il faut peut-être voir deux fois : une première fois pour profiter des gags au premier degré ; une seconde fois pour prendre conscience de l’absurdité des lois inadaptées aux territoires ultramarins. »
Impossible d’oublier, en effet, la scène où l’État veut installer, au cœur de la forêt, une statue à la gloire de la République. Spoiler : cela ne se passera pas bien.
La vie pure de Jérémy Banster
Si l’on veut parler de la forêt guyanaise sur grand écran, il faut indubitablement mentionner La Vie pure, sorti en 2015. « Avant d’être un film, c’est une histoire connue des Guyanais : celle de Raymond Maufrais qui, dans les années 1950, a voulu rejoindre les Tumuc-Humac, seul avec son chien. L’explorateur a disparu. Seules quelques affaires et son carnet de voyage ont été retrouvés. »
Dans ce film de Jérémy Banster, Stany Coppet tient le rôle principal et réalise une formidable performance. « Ce qui m’a marqué, c’est le côté déraisonnable du personnage et le caractère inhospitalier de la forêt. Peut-être parce qu’on connaît trop bien la vie du personnage, j’ai ressenti un décalage avec l’aspect poétique que présente le film. C’est un bon film et je pense qu’il aurait mérité d’avoir un peu plus de moyens. »
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