Ayşe Başhoruz
13 Mai 2026•Mise à jour: 13 Mai 2026
AA / Istanbul
La France souligne l’urgence d’une mobilisation internationale pour soutenir Haïti, confrontée à une escalade de violences et à une crise humanitaire dramatique.
Le sénateur guadeloupéen Dominique Théophile a alerté le gouvernement français sur la situation, citant les Nations unies : « Plus de 5 500 morts en moins d’un an, en 2025, des milliers de blessés, des violences sexuelles massives et près de 2 millions de déplacés internes ».
Dominique Théophile, vice-président de la commission des affaires sociales, a précisé que « les routes nationales [d’Haïti sont] contrôlées par des gangs et que la capitale est coupée du reste du pays et du monde », soulignant ainsi l’ampleur de l’instabilité. Il a également insisté sur les répercussions régionales : « La Guadeloupe, la Martinique et la Guyane voient déjà les premières conséquences humanitaires, migratoires, sanitaires et sécuritaires de l’instabilité haïtienne dans une région structurellement vulnérable. »
Le ministre délégué chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, en soulignant l’engagement de la France a déclaré : « Nous soutenons la police et les forces armées. Nous avons contribué à la mise en place d’une nouvelle force internationale de répression des gangs sous mandat des Nations unies. Les premiers soldats tchadiens sont arrivés à Port-au-Prince en avril, et au total ce seront 5 500 militaires et policiers qui seront attendus d’ici le mois d’octobre. »
Il a précisé également que la France mobilisait 40 millions d’euros en 2025, répartis entre sécurité (4 millions), aide humanitaire (17 millions) et développement (17 millions). Haddad a également confirmé l’examen de l’idée d’une conférence internationale de soutien à Haïti, comme proposé par le sénateur.
Le sénateur Dominique Théophile a insisté sur l’importance d’un geste de réparation historique : « L’heure des mémoires et des réparations… ce geste de la France pourrait constituer un premier acte de réparation historique envers le peuple haïtien. »
Le ministre avait déclaré que la France poursuivra son engagement en termes de sécurité, humanitaire et développement, tout en examinant des initiatives diplomatiques pour fédérer la communauté internationale autour de Haïti.
Selon les Nations unies, la situation humanitaire est jugée « intenable », avec une violence quotidienne et un effondrement de l’autorité publique. Les collectivités françaises d’outre-mer, proches géographiquement, subissent directement les effets migratoires et sécuritaires de cette instabilité.
Crédit: Lien source