La hausse des cours du maïs se poursuit, en particulier en Europe – Chronique des matières premières
Les prix du maïs européen continuent de grimper dans un marché mondial stressé à la fois par le climat, le coût des engrais et la hausse des cours du pétrole. En Europe, certains contrats d’achat de maïs ont atteint leur plus haut niveau depuis deux ans.
La hausse des prix est très marquée sur le maïs issu de la dernière récolte, c’est-à-dire pour les grains prêts à être exportés. En moins d’un mois, leur cours a augmenté de plus de 20 euros la tonne à Bordeaux, l’un des points d’entrée et de sortie en Europe, selon les données d’Argus Media France.
Cette hausse n’est pas directement liée à la guerre au Moyen-Orient, puisqu’on parle de grains qui ont déjà été récoltés, mais elle reflète une impression de rareté : « L’offre européenne n’est pas fantastique », résume Gautier le Molgat, directeur d’Argus Media France. Plusieurs fournisseurs des 27 sont moins présents. C’est le cas de l’Ukraine, qui accuse des retards logistiques : « Les chiffres d’exportation du printemps sont beaucoup plus faibles qu’attendus. »
La tentation de l’éthanol
Les Européens espéraient aussi acheter plus aux États-Unis et au Brésil, mais ces deux pays ont alloué une part importante de leur récolte à la transformation en éthanol. La guerre en Iran et la hausse du pétrole ont renforcé l’intérêt pour les carburants alternatifs, ce qui a capté une partie du maïs destiné à l’alimentation animale et humaine.
Devant cette moindre disponibilité, les prix à la bourse de Chicago ont atteint leur plus haut niveau depuis un an, alors qu’en Europe, le maïs acheté pour une livraison en juin a retrouvé son niveau de mai 2024. Ce sentiment de manque de grains jaunes pousse d’ailleurs des fabricants européens d’aliment bétail à se reporter en partie sur d’autres céréales, comme le blé.
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Réduction des surfaces plantées
Les prix de la prochaine récolte, qui est en train d’être semée, sont aussi en hausse : il est question là des grains commercialisés aujourd’hui, mais qui seront livrés à partir de novembre. Cette future récolte européenne s’achète à un prix qui reflète la baisse attendue des surfaces. En France, par exemple, elles s’annoncent en chute d’environ 15% par rapport à l’an dernier – qui avait été une très bonne année. Même tendance en Roumanie, l’autre grand producteur européen : les surfaces devraient être au plus bas depuis une dizaine d’années, selon l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM).
Cette réduction n’est pas seulement la conséquence de l’explosion du coût des intrants, mais leur hausse – de 50 à 60% selon les catégories – a évidemment conforté les intentions déjà prises par les agriculteurs de planter moins de maïs, au profit du tournesol, par exemple, ou d’une autre culture moins consommatrice d’engrais. Aux États-Unis, les prévisions anticipent également une baisse des assolements en maïs au bénéfice essentiellement du soja.
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