Une nouvelle épidémie d’Ebola a été déclarée le vendredi 15 mai dernier dans le nord-est de la RDC, principalement en Ituri, où près de 90 décès ont été signalés sur plus de 300 cas suspects. L’Organisation Mondiale de la Santé a décrété une urgence sanitaire internationale.
La situation est d’autant plus préoccupante que la souche « Bundibugyo », contre laquelle il n’existe pas de vaccin efficace, complique la riposte, déjà freinée par l’insécurité et les déplacements de population dans la région.
Au-delà du vaccin
Face à la presse, le ministre Samuel Roger Kamba, a rappelé que cette souche du virus Ebola avait déjà circulé en 2012 à Isiro, dans le Haut-Uélé, ainsi qu’en Ouganda et en Afrique de l’Ouest, où elle avait été maîtrisée, malgré l’absence de vaccin.
Selon lui, les mesures de santé publique peuvent être tout aussi efficaces qu’un vaccin pour contenir cette 17ᵉ épidémie. Il insiste notamment sur l’importance du dépistage rapide et de l’identification précoce des malades, qu’il considère comme des actions essentielles pour limiter la propagation du virus :
« De manière générale, nous avons les moyens de contenir les épidémies. Ça ne veut pas dire que quand il n’y a pas de vaccin, on ne peut plus rien faire devant une épidémie, non ! Ce sont seulement les mesures de santé publique que nous déployons qui permettent de contenir. Diagnostiquer très rapidement, cela veut dire repérer le malade très vite, c’est une mesure aussi importante qu’avoir un vaccin ».
Le défi de la mobilité des populations
L’un des principaux obstacles à la riposte est la forte mobilité des populations dans les zones affectées, liée aux activités commerciales.
Selon le ministre congolais de la Santé publique, ces déplacements s’étendent jusqu’aux pays voisins, notamment l’Ouganda et le Soudan du Sud, ce qui complique davantage le contrôle de la situation.
« Le premier défi majeur que nous avons, la zone qui est touchée est une zone très commerciale, il y a beaucoup de mines là-bas, le trafic, le transport, les gens vont dans beaucoup de directions. Et ces directions-là, c’est le Nord-Kivu, la Tshopo, le Haut-Uélé. Mais c’est aussi l’Ouganda, c’est aussi le Sud-Soudan. Le défi, c’est de contrôler, de surveiller tous les cas dans ces mouvements des personnes dans ces zones-là ».
Une riposte à grande échelle
Pour assurer une riposte efficace, une coordination étroite est mise en place entre les différents partenaires et l’Institut national de santé publique. Son directeur général, le Dr Dieudonné Mwamba, précise que cette stratégie s’étend au-delà de l’Ituri et inclut également les provinces voisines, ainsi que la capitale, Kinshasa.
« Nous prenons en compte non seulement les trois zones qui sont touchées mais nous regardons aussi les autres provinces qui sont à risque qui doivent être aussi en préparation, notamment le Nord-Kivu, le Haut-Uélé, la Tshopo, éventuellement même Kinshasa parce que comme nous avons maintenant des vols directs de Bunia jusqu’à Kinshasa, nous prenons aussi la province de Kinshasa, la capitale, comme province à risque ».
Pour évaluer la situation sur le terrain, le ministre de la Santé publique, à la tête d’une importante délégation gouvernementale et sanitaire, a entamé ce dimanche 17 mai, une mission officielle dans la province de l’Ituri.
A noter que cette épidémie dans la province de l’Ituri, survient près de six mois après que la RDC a annoncé, le 1er décembre 2025, la fin de la 16e épidémie de maladie à virus Ebola dans la province du Kasaï.
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