La Russie a-t-elle saboté ses espoirs d’influence au Mali?

Le 25 avril 2026 restera une sombre journée dans l’histoire du Mali. Ce jour-là, les djihadistes du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) et les rebelles touaregs du FLA (Front de libération de l’Azawad) se sont alliés pour frapper le ministère de la Défense, s’emparer de la ville de Kidal, dans le Sahara, et encercler Bamako. Les Russes, pourtant présents militairement dans le pays depuis 2021, n’ont pas pu empêcher ces attaques.

Pire, les soldats russes ont visiblement battu en retraite. Cet événement démontre que ces forces n’ont pas la capacité de stabiliser le Mali et de servir d’appui militaire au gouvernement local. « C’est une nouvelle preuve qu’ils sont inefficaces et peu fiables dans la lutte contre rebelles et les djihadistes », estime Wassim Nasr, spécialiste des mouvements djihadistes dans le Financial Times.

Les forces russes sont présentes au Mali depuis cinq ans

Bamako fait face à une crise sécuritaire depuis plus de dix ans, mais l’alliance récente entre le FLA et le JNIM fait craindre de plus lourdes conséquences pour le régime et les citoyens. Le ministre de la Défense, Sadio Camara, a été tué le 25 avril 2026 par les rebelles. C’est lui qui avait instauré un partenariat durable avec la Russie en 2021, alors que les forces françaises étaient éjectées du Mali, après un coup d’État militaire.

En premier lieu, c’est le groupe Wagner, fondé par Evgueni Prigojine, qui avait pris les rênes des opérations russes au Mali, et notamment dans le Sahara. Mais la tentative d’insurrection de Evgueni Prigojine contre Vladimir Poutine en 2023 et la mort du mercenaire ont fait bouger les lignes. C’est alors Africa Corps, une brigade dirigée directement par le ministère de la Défense russe, qui a pris le relais.

Les Russes ont perdu la confiance des Maliens

L’incapacité d’Africa Corps à protéger Kidal, et son apparente désertion d’autres avant-postes dans le nord-est du pays ces derniers jours, provoque la colère des Maliens. « Ils ont laissé les soldats maliens se faire capturer comme des rats », estime Moussa Kondo, président du Sahel Institute for Democracy and Governance. Si la Russie essaie de se racheter une image en soutenant de manière indéfectible le gouvernement d’Assimi Goïta, sa réputation en a pris un coup.

En réalité, si les soldats russes n’ont pas réussi à stopper l’attaque conjointe du JNIM et du FLA, c’est notamment à cause de leur manque de moyens. Ils ne sont que 2 000 à couvrir le Mali, un pays deux fois plus grand que l’Ukraine, et n’ont absolument pas d’outils et de technologie adéquats pour la surveillance et le renseignement militaire.

Il ne faut pas oublier non plus la violence extrême perpétrée par Wagner et Africa Corps dans le nord du Mali depuis 2021. Une violence qui a poussé certains citoyens à rejoindre les rangs des rebelles. « Ils n’ont pas résolu le problème, assène Wassim Nasr. Ils l’ont empiré. » Si Moscou ne compte pas pour autant abandonner le Mali, elle risque de devoir se recentrer sur Bamako pour mieux la protéger. Et cela pourrait avoir des répercussions sur les autres pays où sont postés les hommes d’Africa Corps : le Niger et le Burkina Faso.

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