Le Ghana a porté devant l’Onu, le 25 mars, une résolution reconnaissant la traite transatlantique des esclaves comme le plus grave crime contre l’humanité. Adopté à 123 pour, 3 contre et 52 abstentions, dont la France, le texte dénonce les conséquences profondes et durables sur les esclaves d’origine africaine et leurs descendants.
C’est une cause que le pays d’Afrique de l’Ouest défend depuis longtemps en soutenant une politique du retour
des afrodescendants sur leur terre ancestrale. Ainsi, le 9 mars, 150 étrangers émus ont reçu la nationalité ghanéenne à Accra, la capitale. Plusieurs centaines de naturalisations similaires (au moins 832) ont eu lieu ces dix dernières années, concernant en majorité des Afro-Américains attirés par la perspective de réparations.
Moteur du tourisme
Puisqu’on nous a arrachés à l’Afrique, nous estimons que nous avons le droit d’y retourner.
Yazid Muhammad (51 ans) fait partie de la deuxième vague de rapatriements vers le Ghana. Il est arrivé des États-Unis en 2009 avec sa mère. Depuis, il a multiplié les créations d’entreprises : école informatique, usine de briques; aujourd’hui, il tient un restaurant sur les bords du fleuve Volta et une entreprise d’accompagnement en relocalisation à destination des Américains et des Caribéens. On a vraiment l’impression d’être au bon endroit au bon moment, c’est certain
, affirme-t-il.
Car si les programmes gouvernementaux de L’année du retour
en 2019 et Au-delà du retour
depuis 2020, facilitant l’accès à la citoyenneté et à la propriété terrestre, ont une portée symbolique, c’est tout autant une stratégie commerciale. Ces deux politiques ont évolué au-delà de simples initiatives commémoratives pour devenir de puissants outils de promotion de l’image de marque nationale et de transformation économique
, explique Bright Asempa Tsadidey, attaché de presse à l’autorité du tourisme (GTA).
Le gouvernement affirme qu’en 2019, la Ghana a enregistré 1,13 million de visiteurs, une augmentation de 15 % par rapport à l’année précédente, et généré 1,9 milliard de dollars de revenus. L’impact est bien plus vaste, du trafic aérien aux créations d’entreprises jusqu’aux avantages diffus d’une relation renforcée entre le Ghana et la diaspora africaine à travers le monde.
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