Dans son communiqué, publié mercredi nuit, le gouvernement ghanéen se dit « profondément préoccupé par la récurrence des incidents xénophobes » en Afrique du Sud et considère qu’il est « particulièrement inquiétant » que ces incidents « persistent depuis quelques années ».
Le pays en appelle à l’Union africaine, à qui il demande de renforcer son système de surveillance des violations de la Charte des droits de l’homme, et propose la mise en place d’une mission d’enquête chargée d’examiner « les causes profondes de la violence xénophobe » en Afrique du Sud.
Sans faire de reproche explicite au pays, le Ghana dit considérer que « la poursuite des attaques » contredit les principes de solidarité et d’unité africaines, notamment au regard du soutien apporté par de nombreux pays africains à l’Afrique du Sud pendant la lutte contre l’apartheid.
Mardi, l’une des victimes des attaques a été rapatriée au Ghana par les autorités. Le ministre des Affaires étrangères avait convoqué le haut-commissaire par intérim de l’Afrique du Sud au Ghana à ce sujet. Ce dernier lui avait répondu que les autorités sud-africaines avaient « pris bonne note » des préoccupations ghanéennes.
Plusieurs pays africains ont déjà fait part de leurs inquiétudes
Officiellement, il s’agit de marches organisées par des mouvements sud-africains pour protester contre l’immigration illégale. Mais dans les faits, elles se traduisent par des agressions de migrants africains, qu’ils soient en situation régulière ou non.
Plusieurs pays africains ont déjà fait part de leurs inquiétudes.
Au Nigeria, l’ambassadeur sud-africain a été convoqué par les autorités locales. Le Nigeria reproche notamment à l’Afrique du Sud de ne pas en faire assez pour mettre fin aux harcèlements de ses ressortissants dans le pays.
Abuja affirme avoir reçu plus de 130 demandes de rapatriement. Une délégation du Parlement nigérian doit d’ailleurs se rendre prochainement à Pretoria.
Le Lesotho, le Malawi ont également officiellement exprimé leurs inquiétudes et mis en place un numéro d’urgence pour leurs citoyens.
Selon les derniers chiffres officiels, 2,8 millions d’étrangers vivent légalement en Afrique du Sud, provenant principalement des pays voisins, notamment du Zimbabwe.
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