Discret, mais déjà une star : Taïnos, le jaguar des Deux-Sèvres, attire la curiosité des visiteurs du parc Zoodyssée. « On le voit là, derrière le tronc d’arbre coupé » indique un père à ses enfants, en train de chercher du regard le félin tacheté à travers les grilles de son enclos. Pour cette famille originaire de la Réunion, la présence du jaguar est une vraie découverte : « On ne savait pas du tout ce qu’il y avait dans ce parc. C’est donc une très belle surprise ! »
Taïnos, un an et demi et déjà 58 kilos, est arrivé de Guadeloupe il y a un peu moins d’un mois, dans une cage spécialement adaptée au voyage. L’animal était en captivité au Parc des Mamelles, en Basse-Terre. Son transfert dans l’Hexagone intervient dans le cadre d’un programme européen de préservation des espèces. Les soigneurs sont d’ailleurs… aux petits soins. Corentin Vesco éparpille de gros morceaux de viande, un peu partout dans l’enclos de la bête : « On va lui donner de grosses portions, comme s’il avait trouvé une carcasse dans la nature. L’idée ça va être de lui faire ronger les os, de travailler sa mâchoire, bref de lui faire reproduire des comportements qu’il aurait eus dans la forêt. » Encore jeune, le jaguar va rapidement atteindre sa taille adulte. Mais il doit encore prendre ses marques après ce « déménagement ».
Son nouvel environnement ? Une volière de 1700 m², reliée à une autre, vide pour le moment. Car, l’idée du zoo à terme, c’est de faire reproduire l’espèce. « C’est une espèce menacée, sur la liste rouge de l’UICN, précise le vétérinaire Sébastien Ravon. Elle fait partie d’un programme d’élevage. Nous avons donc la possibilité de faire de la reproduction. » Ces 15 dernières années, la population de jaguar a chuté de 80% à cause du braconnage et de la déforestation. Aujourd’hui, il ne resterait plus que 64 000 spécimens sur le continent américain, d’où il est originaire. En Guyane, le jaguar est bien sûr protégé. Ce territoire français, au cœur de l’Amazonie, abrite d’ailleurs une biodiversité exceptionnelle, encore largement méconnue du grand public.
80 % de la biodiversité française se situe Outre-mer
À travers ce nouvel espace, le parc de Nouvelle Aquitaine souhaite ainsi faire connaître la biodiversité des territoires d’Outre-mer à un public plus large, tout en sensibilisant aux menaces qui pèsent sur ces milieux naturels vulnérables. « Ce projet s’inscrit pleinement dans les missions portées par Zoodyssée : sensibiliser à la protection du vivant et agir concrètement pour la conservation des espèces. » explique le département des Deux-Sèvres.
Au-delà du jaguar, il s’agit donc de montrer toute la faune et la flore qu’abritent les territoires d’Outre-mer. « L’idée ce n’est pas uniquement de présenter des animaux dans des enclos, il faut que le visiteur ait l’impression de faire un voyage en Guyane française » affirme Guillaume Romano, directeur du Parc Zoodyssée, avant d’ajouter : « Le fil rouge de notre Odyssée Outre-mer, c’est le végétal. La Guyane étant très forestière, j’entends par là avec des forêts différentes, elle s’y prête à merveille. Le visiteur va passer par des forêts tropicales, des forêts de plateaux, de mangroves, de littoral,… Et on va mettre en lumière les animaux qui vivent justement dans ces différentes forêts. »
En attendant l’ouverture complète de la zone Guyane prévue pour février 2027, les travaux se poursuivent au parc. Taïnos le jaguar, les kinkajous et les coatis roux, seront bientôt accompagnés d’un grand fourmilier, de boas arc-en-ciel, de chiens de buissons, de perroquets, d’un tatou ou encore d’un paresseux. Après la Guyane, les autres territoires ultramarins bénéficieront, eux aussi, de leurs zones dédiées, d’ici 2029.
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