La troisième sera-t-elle la dernière ? “En l’espace de six mois, trois administrations centrales ont vu leurs systèmes compromis, plaçant la question de la cybersécurité au cœur du débat sur la souveraineté numérique du Sénégal”, alerte Afric Telegraph. La cyberattaque du 10 mai, qui a corrompu le système de la direction générale de la comptabilité publique et du Trésor, d’où sont issus le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre, Ousmane Sonko, inquiète l’ensemble de la presse sénégalaise mais également celle de la région.
Le site ivoirien Afrik Soir relève que “trois jours après les premières perturbations, plusieurs services étaient toujours affectés”. Cette fois-ci, ce sont 70 gigaoctets qui ont été subtilisés par un groupe de pirates informatiques, avec d’importantes conséquences. “Certaines opérations douanières ont été partiellement paralysées, ralentissant des activités économiques sensibles”, poursuit le site panafricaniste. Mais, plus grave, “des paiements en avance de salaire destinés à des agents publics avant la fête de la Tabaski [nom dans les pays d’Afrique de l’Ouest de la fête musulmane de l’Aïd El-Kébir, qui aura lieu le 26 ou le 27 mai] ont connu des retards, provoquant mécontentement et inquiétudes au sein de la population”.
Souveraineté numérique
En octobre, c’est le site des impôts qui était touché par une première attaque et, en février, ce sont 139 téraoctets de données provenant la direction de l’automatisation des fichiers qui ont été dérobés. “Les informations biométriques de citoyens sénégalais, des informations liées à l’immigration, des fichiers sensibles constituaient les données en circulation sur le Net. Ces données ont été cryptées (rendues illisibles), puis transférées vers le dark web”, signalait alors Digital Business Africa.
Ces attaques à répétition relancent “les interrogations sur la vulnérabilité numérique du pays, la protection des données des citoyens et la capacité de l’État à faire face à une menace devenue mondiale”, analyse SeneNews. Le journal sénégalais donne la parole à l’ingénieur informatique Gérard Dacosta, auteur d’un livre blanc sur la souveraineté informatique au Sénégal :
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