La Société sucrière du Cameroun mise 3,8 millions d’euros pour renforcer son outil industriel

Le sucre et ses dérivés font partie des denrées les plus importées au Cameroun avec le maïs, le riz et le blé. Le pays cherche à être autosuffisant d’ici 2030 et à s’affirmer comme un exportateur de la denrée.

Au Cameroun, la Société sucrière du Cameroun (Sosucam) a injecté 2,5 milliards FCFA (3,8 millions d’euros) dans une unité moderne de production de sucre en morceaux sur son site de Nkoteng.

Selon les détails relayés la semaine dernière par le site Investir au Cameroun, la nouvelle installation affiche une capacité de production de 100 tonnes par jour et remplace l’ancienne unité de Mbandjock, devenue obsolète au regard des standards techniques et de qualité aujourd’hui exigés sur le marché.

En se dotant de cet outil plus performant, Sosucam entend renforcer son positionnement sur le segment du sucre transformé, mieux répondre à la demande des ménages et des industriels et améliorer la qualité et la régularité de son offre. La société dont le périmètre sucrier s’étend sur environ 38 000 hectares, dont 24 000 hectares cultivés en canne à sucre, a produit 85 000 tonnes de sucre en 2024.

Cet ajout de nouvelles capacités intervient dans le sillage d’une reconfiguration du paysage sucrier camerounais où plusieurs acteurs industriels multiplient les efforts pour augmenter l’offre locale. Wega Food, qui exploite une raffinerie dans la zone industrielle de Douala, illustre cette dynamique.

L’entreprise avait annoncé en novembre 2025 qu’elle porterait sa capacité de production de sucre blanc à 700 tonnes par jour. Ceci grâce à une extension au niveau de sa raffinerie de Douala qui s’achèverait en trois mois, avec l’objectif non seulement de sécuriser l’approvisionnement du pays, mais aussi de dégager des surplus pour l’exportation.

Entre déficit chronique et ambitions d’autosuffisance

Ces différents projets devraient contribuer à l’amélioration de l’offre sur le marché qui doit composer avec des importations pour combler une demande qui avoisine les 300 000 tonnes par an.

Selon le rapport sur l’évolution du commerce extérieur publié par l’Institut national de la statistique (INS) en février 2026, la première économie de la CEMAC a importé plus de 208 443 tonnes de sucre raffiné de canne ou de betterave pour une valeur de 69,3 milliards FCFA (105,6 millions d’euros) en 2025.

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Des chiffres en baisse par rapport au niveau de 2024 (268 218 tonnes pour 168 millions d’euros) mais qui restent encore substantiels au regard du potentiel de croissance de la filière. Le pays dispose en effet de terres irrigables, d’un climat favorable et d’un coût du travail relativement faible, autant d’atouts pour développer une agro-industrie compétitive.

Si le gouvernement a d’ailleurs inscrit le sucre parmi les filières prioritaires de la stratégie nationale de développement, avec l’ambition de produire 500 000 tonnes de la denrée sur la période 20202030, les obstacles demeurent pour les industriels.

Dans une correspondance adressée au ministère du Commerce en novembre dernier, Wega Food soutenait que le pays n’aurait « aucun besoin » de recourir à de nouvelles importations de sucre raffiné, une fois sa nouvelle capacité pleinement opérationnelle.

Cette prise de position rejoint, en partie, le discours de la Sosucam qui plaide depuis plusieurs années pour une protection minimale de la filière nationale face à un environnement international jugé défavorable.

L’entreprise pointe en particulier les politiques de soutien mises en œuvre par de grands producteurs comme le Brésil et l’Inde, qui contribuent à maintenir les prix mondiaux à des niveaux « artificiellement bas »

Pour l’instant, dans le pays, l’État alterne entre des périodes de protection accrue – via des restrictions sur les importations et des suspensions d’exportation – et des phases d’ouverture plus marquée lorsque les stocks sont insuffisants.

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