Le détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un tiers du commerce mondial des engrais ainsi qu’environ un cinquième du gaz naturel liquéfié, est redevenu un point de tension majeur. Cette situation a immédiatement désorganisé le marché. Plusieurs vendeurs ont temporairement retiré leurs offres avant de revenir avec des tarifs nettement relevés. Les rares opportunités d’achat disponibles affichent désormais des hausses comprises entre 40 et 60 €/t selon les produits. En solution azotée, les prix sont désormais établis à la demande et varient fortement d’un opérateur à l’autre.
Avant cette nouvelle dégradation du contexte géopolitique, quelques agriculteurs avaient anticipé leurs achats, mais une large part des besoins pour la prochaine campagne reste encore à couvrir en France. Le marché de l’ammonitrate évolue dans la même direction, même si les transactions demeurent limitées. Les contraintes de trésorerie incitent de nombreux exploitants à différer leurs achats malgré un risque de nouvelles hausses.
À l’échelle mondiale, les cours de l’urée poursuivent également leur progression. Le retour attendu de la Chine sur le marché export pourrait toutefois limiter le potentiel de hausse dans les prochains mois et apporter un peu de fluidité aux échanges. Enfin, les engrais de fond ne sont pas épargnés. Les marchés du phosphore et de la potasse enregistrent eux aussi des revalorisations, confirmant une tension généralisée sur l’ensemble des grandes familles d’engrais. Les prochaines semaines seront déterminantes pour mesurer si cette flambée s’installe durablement ou si un apaisement géopolitique permet un retour progressif à davantage de stabilité.
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