Maladie de Parkinson : Guillaume Baille, neurologue à la fondation Rothschild, à la rencontre des patients et professionnels de santé de Guyane
Deux neurologues pour le prix d’un. Ce mardi 4 août, ce patient du Dr Billy François à la clinique Saint-Paul a également eu droit à une consultation avec le docteur Guillaume Baille, spécialiste de la maladie de Parkinson, à la fondation Rothschild à Paris.
« Ces tremblements ne me gênent en rien du tout… Il n’y a que pour l’écriture, mais il suffit que je prenne appui et que je bloque le coude et là, j’arrive à écrire normalement… Servir à boire ou porter un verre, il y a un léger tremblement mais c’est pas dramatique », explique-t-il.
Trois ans après les premiers symptômes, les spécialistes ne peuvent pas encore déterminer si ce patient est atteint de la maladie de Parkinson ou s’il s’agit de tremblements essentiels.
Poser un diagnostic, c’est l’un des premiers défis face à la maladie de Parkinson.
« Il faut rester clinique. Il faut s’intéresser au patient, à ses symptômes, à l’interrogatoire, au flair du clinicien qui doit s’intéresser à ce que le patient arrive à restituer de son ressenti. Être humble aussi, nous, dans la capacité à intégrer les informations que le patient nous donne, il faut être assez flexible, être assez ouvert à tout profil de patient, tout type de niveau socio-économique, de profil d’âge ou de métier, accompagner les patients et essayer des traitements. La base chez quelqu’un qui tremble où l’on se pose la question de maladie de Parkinson, c’est d’introduire un traitement à base de dopamine et de voir au bout de plusieurs mois, s’il est efficace sur les symptômes. »
Docteur Guillaume Baille, neurologue, chef de service à la fondation Rothschild
Une prise en charge sur mesure
Le traitement médicamenteux ne permet pas de guérir la maladie. Une fois le diagnostic établi, il faut mettre en place une prise en charge globale et personnalisée.
« Cette prise en charge médicamenteuse n’est pas suffisante pour améliorer la qualité de vie du patient, qui va dépendre d’une prise en charge globale avec d’autres professionnels de santé. Le médecin spécialiste ou généraliste ne sont pas les seuls en jeu. Il peut y avoir des psychologues si éventuellement il y a un retentissement au niveau de l’anxiété ou au niveau du moral, bien sur le kinésithérapeute, l’orthophoniste, les diététiciens ou les professeurs d’activité physique adaptée pour insister sur l’activité physique au long cours. »
Docteur Guillaume Baille, neurologue, chef de service à la fondation Rothschild
Une prise en charge qui progresse en Guyane, comme l’explique docteur Billy François : « Le progrès, c’est d’étudier le phénotype patient. Il y a beaucoup de syndromes parkinsoniens qui sont dopa-sensibles et d’autres qui ne le sont pas, essayer de les grouper et à partir de ça proposer la prise en charge spécifique pour chacun des syndromes ».
Et pour aller plus loin, le docteur Billy François espère que les patients guyanais pourront participer à des essais avec la fondation Rothschild, et s’entraider à travers la création prochaine d’une association.
En Guyane, 244 personnes ont été traitées pour la maladie de Parkinson en 2020 selon l’observatoire régional de la santé en Guyane. Des chiffres qui sous-estiment l’impact de cette maladie : selon une récente étude, ils ne représentent que 42 % des cas de patients guyanais atteints d’un syndrome parkinsonien.
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