Mali : le pays dogon tente de retrouver son souffle

Les villages de Korikori, Gomossogou et Kengué, situés dans la région de Bandiagara, ont été durement frappés par une série d’attaques violentes attribuées à des éléments du JNIM, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans. Selon des sources locales, les principales cibles de ces assauts étaient les dozos, chasseurs traditionnels organisés en groupes d’autodéfense pour protéger leurs communautés face à la menace terroriste.

Image tirée du documentaire « Terror au Sahel – La lutte contre les djihadistes »
En réponse à la prolifération des violences, se sont constitués des groupes proclamés d’autodéfense, certains s’appuyant sur des chasseurs traditionnels dozos.Image : Inside the Resistance

Une attaque massive à Gomossogou

A Gomossogou, plus d’une centaine d’hommes armés ont mené un assaut coordonné contre le village. Les assaillants ont semé la panique et causé d’importants dégâts matériels.

Un habitant de la zone, ayant requis l’anonymat, a témoigné de l’incendie du domicile de son oncle :

 » Mon oncle hébergeait des talibés, des élèves coraniques. Lorsque les terroristes ont attaqué le village, tous ont fui. Cependant, l’un d’eux, déguisé, s’est réfugié avec ma tante dans une maisonnette. Les assaillants ont mis le feu à cette maisonnette avant qu’ils ne puissent sortir. Les flammes les ont gravement brûlés. Le jeune talibé est aujourd’hui dans un état critique. « 

Pillages et pertes humaines à Kengué

Dans le village de Kengué, une autre attaque menée le mardi 12 mai a fait au moins trois morts. Les assaillants ont également procédé à des pillages systématiques. Un résident raconte :  » J’ai vu les hommes armés arriver alors que j’étais dans ma boutique. Des tirs ont éclaté soudainement. Je n’ai pas eu le temps de fermer, ils étaient déjà là. J’ai pris la fuite. À mon retour, ma boutique était complètement vidée. J’ai aussi perdu mon oncle, surpris lors de l’attaque alors qu’il discutait avec d’autres dozos. « 

Diaspora Africaine (illustration)
Le Mali compte environ 415 000 personnes déplacées internes en 2026.Image : GUY PETERSON/AFP

Selon les autorités régionales, ces attaques ont provoqué un déplacement massif de populations, plusieurs habitants ayant trouvé refuge dans la ville de Bandiagara. En dehors des habitations, du bétail aurait été enlevé et des greniers brûlés par les assaillants. Face à la gravité de la situation, le ministre de la Réconciliation nationale, le général Ismaël Wagué, s’est rendu sur place. Il a exprimé le soutien de l’État aux victimes et présenté ses condoléances aux familles endeuillées.

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