« On a perdu le Mali et on a M. Bagayoko en échange » : le maire de Saint-Denis dénonce de nouveaux propos à son encontre sur CNews

Depuis son élection à la mairie de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Bally Bagayoko est particulièrement exposé médiatiquement. Et pour cause, il est le premier à diriger une si grande ville sous l’écharpe insoumise. C’est sur le plateau de CNews qu’a — une nouvelle fois — été cité le nom de l’édile dyonisien mercredi.

Vincent Hervouet, éditorialiste politique étrangère sur Europe 1, participe alors à l’émission « L’heure des pros ». Il revient sur le retrait militaire français du Mali, en février 2022, et la fin de l’opération « Barkhane », alors que le Mali, aux prises d’attaques djihadistes, traverse une grave crise.

« On a perdu le Mali et on a M. Bagayoko en échange. Voilà la réalité crue de ce qu’il se passe en France. Vous avez un maire malien à Saint-Denis, mais la France elle est… » commence-t-il. Pascal Praud, animateur de l’émission, l’interrompt : « Non, vous avez un maire français à Saint-Denis. » Et Vincent Hervouet de reprendre : « Oui, mais d’origine malienne à Saint-Denis. Mais vous (la France de manière générale) êtes indésirable au Mali. On a été chassés du Mali. »

Bally Bagayoko a réagi à ces propos dans un long tweet ce vendredi après-midi. « En me qualifiant de maire malien en France, vous ne parlez pas seulement de moi. Vous dites à des millions de Français issus de l’immigration qu’ils resteraient éternellement renvoyés à une origine, quelle que soit leur place dans la société, leur engagement ou leur attachement à la République », déplore le maire, se disant « fier de (ses) origines, évidemment, mais pleinement français et pleinement légitime ».

Pour l’édile insoumis, il ne s’agit d’un simple « dérapage » et dénonce sur la chaîne de Vincent Bolloré un recours fréquent aux « amalgames », aux « sous-entendus sur la légitimité de certains » et aux « oppositions permanentes entre origines et appartenance nationale ». Une « banalisation dangereuse pour le débat public », alerte Bally Bagayoko, qui avait déjà réclamé la fermeture de la chaîne.

Au-delà de son cas personnel, l’élu fustige l’idée selon laquelle la « France conserverait une forme de tutelle politique, militaire ou culturelle » en Afrique.

VidéoSaint-Denis, « ville des Noirs » : cette fake news reprise par Apolline de Malherbe

« Notre pays ne peut plus penser sa relation avec le continent africain à travers les réflexes d’une autre époque. Le temps du paternalisme et des logiques postcoloniales est révolu, soutient l’intéressé. Le Mali n’a pas été perdu comme on perdrait un territoire ou une possession. Le Mali est un État souverain. »

Député LFI de Seine-Saint-Denis, Thomas Portes s’était lui aussi indigné des propos de Vincent Hervouet un peu plus tôt dans la journée. « À nouveau CNews déroule le tapis rouge au racisme », cingle-t-il sur X, appelant à la fermeture de CNews « sans délais ».


Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.