Lorsqu’il ferme les yeux, Mamadou Sanoussi Diallo entend les rires des enfants. Il respire le parfum du gombo. Ressent, sur son visage, l’écume des vagues de l’Atlantique en pleine liberté. Car inaliénables…
Lorsqu’il ferme les yeux, il voit les siens. Les anciens. Les bambins. Les sages. Les mamans. Endormis à l’ombre du kapokier. En ronde débridée autour du baobab. En paix. Libres comme les chutes de Fouta.
Il les voit et les entend. Comme par miracle. Ils l’appellent. Avant que leur invitation ne s’envole en ombres légères. Au réveil de l’enfant de Guinée, déraciné depuis 3 ans. Hors saison, en cet impersonnel centre d’accueil de demandeurs d’asile de Digne-les-Bains. Loin, si loin de son Afrique chérie…
« Je m’étais enfin éloigné de mes bourreaux »
De sa mère patrie, fuie une nuit moite. À la hâte. Au sortir d’une manifestation populaire. « Engagé dans l’opposition, j’étais recherché« , raconte le fantôme de 28 ans. Traqué tel un renard par les chiens, militaires du dictateur Mamadi Doumbouya.
« Il n’y a pas de liberté d’expression chez nous. » Pas un mot plus haut que l’autre. Sous peine d’être étouffé sous les coups. De disparaître derrière les barreaux. Lui a échappé au châtiment….
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