Mère de famille poignardée par un ami en Lot-et-Garonne : mode de vie « à l’ancienne », solitude affective et amicale… La personnalité atypique du meurtrier présumé examinée par la cour d’assises
Le procès du meurtre de Séverine Béziat en 2023 s’est ouvert ce lundi 22 juin devant la cour d’assises du Lot-et-Garonne. Mode de vie rudimentaire, pas d’amis ni de relation sentimentale, discrétion… La personnalité particulière de Claude Olivier, auteur présumé des faits, a été décortiquée lors de cette première journée d’audience.
À la barre, Martine (*) ne semble pas avoir digéré le choc. « On ne comprend pas ce qu’il s’est passé. On cherche des réponses. » « Il a ôté la vie d’une femme et d’une maman », se désole Sabrina (*).
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Leur frère, Claude Olivier, est jugé devant la cour d’assises du Lot-et-Garonne depuis ce lundi 22 juin. Il est accusé du meurtre de Séverine Béziat, mère de famille et amie, dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre 2023 à Sos, commune située à la frontière entre le Lot-et-Garonne et les Landes.
Un futur séjour à l’hôpital mal accepté
Pour comprendre, un peu de contexte s’impose. La femme de 46 ans passe un bout de soirée chez son frère à Sos. Sur le retour, elle croise son ami Claude, en train de rouler à vélo. Tous deux s’avancent vers un chemin forestier. Ils y boivent une bière, fument quelques cigarettes. Atteinte d’une dépression depuis plusieurs années, la quadragénaire lui annonce qu’elle va passer quelque temps à l’hôpital pour une prise en charge. Claude Olivier ne supporte pas la nouvelle. Il « entre en crise », « ressent des palpitations », selon ses mots. Il saisit un couteau dans sa poche et lui assène un premier coup dans le dos. Puis il se déchaîne. Au total, 39 plaies sont recensées.
Il déplace le corps à l’arrière du véhicule de la défunte. L’homme de 52 ans conduit la voiture jusque devant le domicile de son amie, à Sainte-Maure-de-Peyriac. Il se débarrasse de l’arme du crime en la jetant dans la Gélise, cours d’eau qui passe à Mézin. Le corps sans vie de la mère de deux filles est retrouvé le lendemain après-midi par son compagnon.
Impassible face à la cour
Près de trois ans après, dans le box des accusés, Claude Olivier se tient droit. Son regard ne se baisse jamais. Silhouette fine, cheveux grisonnants et tee-shirt blanc cassé sur le dos, le quinquagénaire ne laisse rien filer. Impassible. Cette réserve semble l’accompagner depuis toujours.
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Les sœurs du natif de Nérac dressent le portrait d’un foyer difficile. Le père est sévère. Il n’hésite pas à traduire son autorité par des coups de ceinture. La mère est accusée de maltraitances par deux de ses sœurs, placées en famille d’accueil. Pourtant, Claude, lui, ne se montre pas aussi perturbé par ce décor familial quelque peu accidenté. « C’était le père, donc j’obéissais », glisse l’intéressé.
Un homme « discret »
Ses proches décrivent le Mézinais comme un enfant « calme ». Mais surtout « discret ». Ce trait de caractère ne s’est jamais vraiment effacé. Car encore aujourd’hui, son entourage – plus ou moins proche – utilise massivement cet adjectif. Autant dans la vie professionnelle, à son job de manutentionnaire dans une scierie, que dans la vie personnelle.
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Un ex-collègue va même plus loin. « Il était bizarre, témoigne-t-il devant la cour. Il vivait dans son monde à lui. Il est difficile à cerner. » Son mode de vie « à l’ancienne » intrigue également. L’accusé habite seul la maison familiale de Mézin… dans un cadre assez rudimentaire. Pas de téléphone. Pas d’internet. Pas d’eau chaude. Il fait ses besoins dans des seaux à l’extérieur de son domicile.
Aucune relation sentimentale
Côté affectif, Claude est solitaire. Il n’a jamais entretenu de relation sentimentale. Ses seuls rapports intimes sont tarifés. Le Lot-et-Garonnais n’a pas d’amis. À l’exception de Séverine Béziat, qu’il connaît depuis son enfance. Plusieurs proches le soupçonnent d’être amoureux de la mère de famille, bien qu’il n’en ait jamais fait part.
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Ce mardi 23 juin, la cour d’assises doit entendre plusieurs nouveaux témoins, dont les proches de la mère de famille défunte. Claude Olivier doit également être interrogé sur les faits.
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