La France se situe aujourd’hui légèrement au-dessus de la moyenne européenne en matière de mortinatalité infantile (décès avant l’âge d’un an), selon les données de l’INSEE et d’Eurostat. Le taux y est estimé entre 3,5 et 4 décès pour 1 000 naissances vivantes, un niveau stable mais moins favorable que celui de plusieurs pays voisins, notamment les pays nordiques. Par ailleurs, les données de la DREES sur la santé périnatale montrent une stabilité de certains indicateurs en France. Le taux de mortinatalité hospitalière s’établit à 8,8 pour 1 000 enfants en 2023 et ne diminue plus depuis 2016, selon les Indicateurs de santé périnatale 2023 du ministère de la Santé. Ce document distingue la mortalité spontanée (5,4 pour 1000) et la mortalité induite (interruptions médicales de grossesse) qui atteint 3,5 pour 1000.
D’importantes disparités régionales
Les données varient selon les régions, avec notamment de fortes disparités entre la France métropolitaine et les DROM. Le taux de mortinatalité totale est plus élevé dans les DROM (13,2 pour 1000). Si la mortalité induite est plus faible qu’en France métropolitaine, la mortinatalité spontanée y est deux fois plus élevée : 10,9 pour 1000. Dans le détail, on observe par exemple que si le taux de mortinatalité est de 8 en Corse, il n’est que de 3,7 pour 1000 en Pays de Loire.
Mortinatalité en France : comment expliquer ces chiffres ?
Il n’existe pas de cause unique, différents facteurs peuvent expliquer ces chiffres. Il s’agit plutôt de la conjonction de facteurs médicaux, démographiques et sociaux. L’augmentation de l’âge des mères au moment de la grossesse, documentée par l’INSEE et l’INED, est régulièrement citée. Ces maternités plus tardives sont en effet davantage associées à certaines complications : hypertension artérielle, diabète gestationnel, prématurité ou encore faible poids de naissance.
Ces sources officielles soulignent aussi d’importantes inégalités sociales et territoriales. Les indicateurs sont notamment moins favorables dans certains territoires ultramarins, tandis que les conditions de vie, la précarité ou les difficultés d’accès aux soins périnataux peuvent également peser sur le suivi des grossesses et la santé des nouveau-nés.
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