République démocratique du Congo. Bilan incertain, pas de vaccin… : ce qu’il faut savoir sur la nouvelle épidémie d’Ebola

Jusqu’où va se répandre l’épidémie d’Ebola, qui s’est déclarée en République démocratique du Congo (RDC), vaste pays d’Afrique centrale ? L’Organisation mondiale de la santé a émis une alerte sanitaire internationale en raison d’« un risque significatif de propagation à l’échelle locale et régionale ».

La nature de la souche du virus et le contexte dans lequel il se transmet inquiètent les spécialistes. On vous explique pourquoi.

Une maladie « souvent mortelle »

Ebola est « une maladie rare, mais grave », rappelle l’OMS. Ce virus circule notamment parmi les chauves-souris mangeuses de fruits. Il se transmet d’homme à homme par un contact direct, via les fluides corporels (vomissures, matières fécales, etc.) ou par exposition au sang de personnes infectées – vivantes ou décédées. Ces dernières ne deviennent contagieuses qu’après l’apparition des symptômes, ce qui peut prendre jusqu’à trois semaines. Ebola provoque une fièvre hémorragique et est « souvent mortelle chez l’humain », note l’OMS : son taux de létalité moyen est d‘« environ 50 % ».

Il existe six « sous-types » distincts de virus Ebola. La souche Zaïre – l’ancien nom de la RDC – est à l’origine de l’immense majorité des cas depuis 2014. Celle responsable de l’épidémie actuelle est appelée Bundibugyo. « On ne la connaît pas depuis si longtemps », relève Éric d’Ortenzio, médecin épidémiologiste à l’ANRS, sur Franceinfo. Cette souche n’avait jusqu’ici provoqué que deux épidémies, en Ouganda en 2007 et en RDC en 2012. Elles avaient respectivement causé la mort de 42 et 13 personnes.

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Incertitudes sur le nombre de personnes contaminées

Selon les derniers chiffres communiqués par le ministre de la Santé congolais, 91 personnes seraient mortes depuis le début de l’épidémie et environ 350 cas suspects ont été signalés. Mais « de grandes incertitudes subsistent quant au nombre réel de personnes infectées », reconnaît l’OMS. Le foyer de l’épidémie se trouve dans une zone difficilement accessible. Peu d’échantillons ont donc pu être testés en laboratoire.

L’épidémie s’est déclarée dans la province de l’Ituri, une zone située dans le nord-est du pays, frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud. Le premier cas identifié à ce stade est un infirmier qui s’était présenté le 24 avril dans un centre de soins de Bunia. L’épidémie pourrait cependant être partie de Mongbwalu, une localité située à environ 90 km de là. C’est là où les cas sont concentrés.

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Retard à l’allumage

L’OMS a été alertée de l’apparition d’une maladie à forte mortalité le 5 mai. L’Africa CDC, l’agence sanitaire de l’Union africaine, a déclaré l’épidémie d’Ebola dans la province de l’Ituri dix jours plus tard. Soit « probablement plusieurs semaines après les premiers cas », selon Éric d’Ortenzio.

« Il y a eu une espèce de retard au démarrage », a observé l’immunologue Jean-Daniel Lelièvre, toujours sur France info. Les symptômes des personnes infectées par la souche Bundibugyo présentent au départ des symptômes assimilables à une grippe ou au paludisme, ce qui a pu retarder leur détection. 

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Selon le ministre de la Santé congolais, l‘épidémie en cours a par ailleurs tardé à être signalée car les communautés touchées ont d’abord cru à une « maladie mystique » ou à de la « sorcellerie » : au lieu de consulter un soignant, les malades se sont d’abord tournés vers les « centres de prières ».

Un risque élevé de propagation

L’épidémie « va se répandre rapidement », a prévenu le Pr Jean-Jacques Muyembe, patron de l’institut de recherche congolais qui a confirmé la résurgence du virus. L’Ituri est une région aurifère, « très peuplée et avec beaucoup de mouvements de population ». Elle est par ailleurs en proie à des conflits armés, « ce qui va rendre la gestion de cette épidémie très très très compliquée », ajoute le virologue, qui a co-découvert Ebola en 1976.

Le virus s’est déjà propagé au-delà de cette province. Un cas a été recensé à Goma, une grande ville de l’est congolais contrôlée par le groupe armé antigouvernemental M23. Deux personnes qui avaient voyagé en RDC sont aussi mortes en Ouganda. De quoi pousser l’OMS à déclencher dimanche une « urgence de santé publique de portée internationale » (USPPI). Il s’agit du deuxième niveau d’alerte le plus élevé de l’organisation, derrière celui d’« urgence due à une pandémie ». Le dernier déclenchement d’une USPPI datait de 2024, lors de l’épidémie de Mpox.

Pas de vaccin

Le variant Bundibugyo est « moins virulent que les souches habituelles », selon Jean-Daniel Lelièvre. Mais les vaccins anti-Ebola existants ne sont efficaces que contre la souche Zaïre.

Pour rompre la chaîne de transmission, l’Africa CDC compte donc sur « le respect des gestes barrières et la limitation des déplacements ». Jean-Jacques Muyembe insiste sur l’importance de « détecter, confirmer et isoler » les cas. Mais sur Franceinfo, Anne Senequier, codirectrice de l’Observatoire de la santé mondiale à l’Iris, souligne que « certains centres de santé (ne sont) pas assez équipés pour faire face à la crise ».

Une épidémie inédite ?

Ebola a fait plus de 15 000 morts en Afrique au cours des 50 dernières années. Rien qu’en RDC, une quinzaine de flambées épidémiques ont fait plus de 3 000 morts depuis 1976. Partie du sud de la Guinée en décembre 2013, l’épidémie la plus violente de l’histoire d’Ebola a frappé l’Afrique de l’Ouest jusqu’en 2016. Elle a coûté la vie à plus de 11 300 personnes. Quant à l’épidémie actuelle, si les cas suspects recensés étaient tous confirmés, elle se classerait au 7e rang des plus importantes jamais connues toutes souches confondues, et au 2e rang des plus grandes épidémies d’Ebola non-Zaïre.

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