Multipropriété dans le football : la ministre des Sports favorable à une «régulation dans un cadre européen»

Présente à la Meinau ce dimanche pour le match entre Strasbourg et Toulouse, Marina Ferrari s’est exprimée au sujet de la multipropriété des clubs professionnels.

La ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative Marina Ferrari s’est dite favorable à «une régulation de la multipropriété mais dans un cadre européen», à la mi-temps du match entre Strasbourg et Toulouse dimanche après-midi.

En déplacement au stade de la Meinau lors de cette rencontre de la 32e journée de Ligue 1, Marina Ferrari a évoqué le sujet de la multipropriété, brûlant à Strasbourg depuis la prise de pouvoir en 2023 du consortium américain BlueCo, également à la tête de Chelsea, en Angleterre.

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Début février, les Ultra Boys 90, principal groupe d’ultras strasbourgeois, avaient appelé les instances dirigeantes du football à agir contre les «multiples dérives engendrées par la multipropriété». Les UB90 demandaient alors d’éviter que les clubs dans cette situation soient «relégués au rang d’équipes nourricières, sans ressources propres, sans âme, sans lien avec leur territoire», citant en exemple le départ de leur entraîneur Liam Rosenior vers le navire amiral Chelsea en plein milieu de saison.

«Ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain»

«J’entends l’inquiétude des supporters parce qu’elle pourrait poser problème, a répondu Marina Ferrari. Aujourd’hui, elle se structure, c’est de plus en plus encadré. (…) Je suis pour une régulation de la multipropriété mais ça doit se faire dans un cadre européen. On voit bien qu’on a besoin aussi d’avoir des capitaux qui arrivent dans nos clubs et donc il faut qu’on arrive à réguler tout ça.» «Une régulation seule au niveau français n’aurait pas de sens, a-t-elle ajouté. J’ai déjà porté ce message au sein du Conseil de l’Europe, j’y retourne le 11 et 12 (mai), je serai également à Bruxelles à nouveau pour aborder ce sujet.»

Sa position diffère de celle du député Éric Coquerel (LFI), qui a déposé en septembre 2025 une proposition de loi visant à interdire la multipropriété des clubs en France. Dix des 18 clubs de Ligue 1 font partie de consortiums internationaux, signe de la domination de ce modèle économique au sein du football français, pris dans une crise financière depuis l’échec de la vente des droits TV l’an dernier.

«Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, a poursuivi Marina Ferrari. Force est de constater que si on n’avait pas eu certains investisseurs, on n’aurait pas pu maintenir des clubs à un certain niveau. Et on sait qu’aujourd’hui il faut, et c’est le cas de Strasbourg qui va jouer ce match très important jeudi (une demi-finale retour de la Ligue Conférence, NDLR), qu’on ait des clubs qui montent le plus possible au niveau européen.»

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