Niger/Uranium : le gouvernement crée la société publique Tsumco SA pour remplacer la Somaïr

Selon le gouvernement nigérien, la dénomination de la nouvelle société a été prise « par devoir de mémoire pour les générations présentes et futures et par engagement résolu à poursuivre en justice les auteurs » de l’entreprise « criminelle » Somaïr, filiale du géant français du nucléaire Orano, qui a été nationalisée en 2025

 

Le gouvernement nigérien a annoncé, le 18 mai, la création d’une nouvelle société d’uranium qui marque une rupture définitive avec l’opérateur français Orano.

« La Société Teloua Safeguarding Uranium Mining Company, en abrégé Tsumco SA, est créée en lieu et place de la Société des Mines de l’Air nationalisée [Somaïr SA] », a indiqué un communiqué du gouvernement publié à l’issue du conseil des ministres.

« À cet effet, le patrimoine de la Somaïr SA nationalisée tel que transféré à l’Etat est dévolu à la Société Tsumco SA », a ajouté la même source, précisant que la dénomination Teloua fait référence « à cette nappe aquifère souterraine sur laquelle se trouvent les installations de la mine Cominak exploitée par Orano/Areva de 1978 à 2021, avec des impacts dramatiques sur les sols, les eaux, la biodiversité et les écosystèmes sahariens autour d’Arlit ».

Toujours selon le communiqué du gouvernement, la dénomination de la nouvelle société a été prise « par devoir de mémoire pour les générations présentes et futures et par engagement résolu à poursuivre en justice les auteurs de cette entreprise criminelle ».

Depuis 1970, l’uranium nigérien était exploité par la société française Areva, devenue Orano, à travers ses deux filiales que sont la Société minière de l’Aïr (Somaïr) et la Compagnie minière d’Akouta (Cominak). Cette dernière a été fermée le 31 mars 2021 suite à l’épuisement de ses gisements.

En juin 2024, en pleine brouille diplomatique entre Niamey et Paris, les autorités nigériennes ont retiré le permis d’exploitation de l’uranium à l’opérateur Orano. Un an plus tard, les mêmes autorités ont annoncé la nationalisation de la Somaïr.

Jugeant les décisions de Niamey « irrégulières », Orano a engagé des procédures judiciaires auprès des instances internationales compétentes.

De leur côté, les autorités nigériennes ont annoncé une plainte contre l’opérateur français pour l’abandon de « plusieurs millions de tonnes » de déchets radioactifs sur les sites exploités par ses filiales.

Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.