« Nous continuons de caracoler en tête »: contrairement à la France qui est à 0%, l’Espagne enregistre « une croissance solide » à 0,6% au premier trimestre

La quatrième économie de la zone euro continue sa marche en avant, même si la Banque d’Espagne s’attend à un « ralentissement significatif » dans les mois à venir à cause de la guerre au Moyen-Orient.

La France cale, pas l’Espagne. La croissance du Produit intérieur brut espagnol a atteint +0,6% au premier trimestre, malgré les répercussions économiques de la guerre au Moyen-Orient et le retour de l’inflation, selon une première estimation de l’Institut national des statistiques (INE) publiée jeudi 30 avril. « L’économie espagnole maintient son rythme de croissance en ce début d’année marqué par la guerre en Iran », s’est félicité le ministre de l’Economie, Carlos Cuerpo, dans une vidéo envoyée aux médias.

C’est un léger ralentissement par rapport au trimestre précédent (+0,8% au quatrième trimestre 2025), mais cela reste l’un des rythmes les plus dynamiques de la zone euro. À titre de comparaison, la France a stagné lors des trois premiers mois de l’année. Au premier trimestre, la croissance espagnole s’élève à 2,7% sur un an, portée par la demande intérieure et en particulier par la consommation des ménages. La quatrième économie de la zone euro, avait connu une croissance de 2,8% en 2025.

« À ce rythme, nous continuons de caracoler en tête des principales économies de l’Union européenne », s’est réjoui le ministre de l’Économie, Carlos Cuerpo, dans une brève vidéo envoyée aux médias.

Fin mars, la Banque d’Espagne a toutefois prévenu que les prochains mois seraient moins favorables. « Le scénario central anticipe un ralentissement significatif du rythme d’expansion de l’activité, qui sera conditionné par un contexte international marqué par le conflit au Proche-Orient », écrivait l’institution, qui prévoit au final une croissance de 2,3% en 2026 (contre 0,9% en moyenne dans la zone euro).

La hausse des prix de l’énergie contribue à une inflation élevée (3,2% en avril, après 3,4% en mars), dans un pays où le coût de la vie -et notamment du logement- demeure la principale préoccupation de la population. En réaction, le gouvernement du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez a adopté en urgence fin mars un plan d’aides de cinq milliards d’euros, comprenant notamment une baisse de la TVA sur le gaz et les carburants de 21% à 10%.

Plan d’aides contre l’inflation

Malgré tout, l’exécutif maintient en l’état ses prévisions économiques, le ministre Carlos Cuerpo ayant dit cette semaine espérer notamment voir la dette publique passer en fin d’année « sous les 100% du PIB ». Concernant le secteur clé du tourisme, le gouvernement espagnol s’est jusque-là montré tiraillé entre de possibles effets « positifs » engendrés par le conflit (des reports de flux de voyageurs du Moyen-Orient vers l’Espagne) et des « menaces » (la hausse du coût des transports pour les usagers).

L’Espagne est la deuxième destination mondiale, ayant accueilli l’an passé le chiffre record de 97 millions de visiteurs. Dans ce contexte globalement porteur, l’exécutif espagnol a lancé mi-avril, après l’avoir annoncé en janvier, un plan de régularisation massif de sans-papiers qui pourrait bénéficier à un demi-million de personnes, principalement d’Amérique latine, pour soutenir l’économie face au vieillissement de la population active.

Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.