Oligui Nguema à Paris, que sont devenues les grandes figures du développement, négociateurs du Polisario, les « déchus de la République » du Cameroun… Les 5 infos qu’il ne fallait pas manquer
Publié hier à 07h55
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Bienvenue dans cette nouvelle édition du Brief de Jeune Afrique, votre newsletter hebdomadaire qui revient sur l’essentiel de l’actualité politique et économique du continent.
Voici le menu de la semaine :
- Les coulisses de la visite d’État d’Oligui Nguema à Paris
- Sahara occidental : qui sont les négociateurs du Polisario ?
- Comment les mines d’or alimentent la guerre au Sahel
- La deuxième vie des bâtisseurs du développement
- Au Cameroun, les déchus de la République
Bonne lecture !
1. Oligui Nguema à Paris
Tapis rouge. Escale au château de Versailles, dîner de gala à l’Élysée, Bristol… En visite d’État en France du 20 au 23 juillet, Brice Clotaire Oligui Nguema et sa vaste délégation ont bénéficié d’un accueil fastueux. L’occasion, pour le président gabonais, de conforter sa stature internationale et son image auprès de son opinion publique, tout en choyant ses partisans et alliés sur les bords de Seine.
Et grise mine. En matière de signature de contrats, les résultats n’ont en revanche pas été à la hauteur des espoirs. La transformation locale de manganèse produit par Eramet a fait l’objet d’un discret bras de fer avec Libreville, qui souhaite que le groupe français en transforme sur place 2 millions de tonnes par an. Un protocole d’accord a été paraphé pour ne pas gripper cette séquence diplomatique, mais celui-ci revoit drastiquement les ambitions gabonaises à la baisse.
2. Sahara occidental : qui sont les négociateurs du Polisario ?
Le président de la République arabe sahraouie démocratique et chef du Front Polisario, Brahim Ghali, au défilé militaire de Tindouf, le 8 avril 2026. © MOHAMED MESSARA/EPA/MAXPPP © MOHAMED MESSARA/EPA/MAXPPP
Trio d’experts. Alors que le processus politique amorcé en début d’année sous l’autorité de Washington semble dans l’impasse, le Front Polisario a désigné trois diplomates chevronnés pour défendre ses positions : Mohamed Yeslem Beissat, Sidi Mohamed Omar et Mouloud Said. Le premier est un chef de délégation rompu aux relations internationales, le second est un spécialiste des Nations unies, et le troisième représente l’organisation auprès des États-Unis.
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Rupture. Un casting qui interroge au sein même du mouvement. « Toutes ces personnalités sont de second ordre, pour ne pas dire de troisième. Aucune ne fait partie de la direction de l’organisation qui tient réellement les rênes du pouvoir », affirme un ancien fondateur du Polisario à Jeune Afrique. Il souligne le fait qu’aucun des membres de la délégation actuelle ne possède le poids politique des responsables envoyés à Genève en 2018. Ce choix n’a pas manqué de déclencher des controverses en interne.
3. Comment les mines d’or alimentent la guerre au Sahel

Des soldats burkinabè patrouillent près de la mine de Tambao, dans le nord du pays, en avril 2015. © Ahmed Ouoba/AFP © Ahmed Ouoba/AFP
Nerf de la guerre. Un rapport d’Acled, publié le 22 juillet, décrypte une décennie de violences autour de 44 sites miniers au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), où l’or est devenu l’enjeu central d’un conflit qui dépasse le simple financement des groupes armés.
Points stratégiques. On apprend que le contrôle de ces zones minières permet aussi aux groupes armés de « recruter des combattants, recueillir des renseignements, réguler l’accès aux moyens de subsistance et affirmer [leur] influence. »
Propagation. L’expansion du Jnim, le premier responsable des violences autour de ces sites, vers les frontières avec le Sénégal, la Guinée, la Côte d’Ivoire et le Ghana augmente le risque que les dynamiques déjà observées dans le Sahel central s’étendent plus au Sud.
4. La deuxième vie des bâtisseurs du développement

De gauche à droite : Trevor Manuel ; Akinwumi Adesina ; Frannie Leautier ; Donald Kaberuka. © Montage JA; PETER KLAUNZER/AP/SIPA; Emilie Madi/REUTERS; DR; Jennifer Graylock/SIPA © Montage JA; PETER KLAUNZER/AP/SIPA; Emilie Madi/REUTERS; DR; Jennifer Graylock/SIPA
Réseau planétaire. Ministre ? Secrétaire général de l’ONU ? Après son départ de la BAD, on a prêté les destins les plus prestigieux à Akinwumi Adesina. Mais le 15 juin, il a pris la présidence du conseil d’administration du Diamonds for Development Fund, un véhicule d’investissement créé par le gouvernement du Botswana et le groupe De Beers pour préparer l’après-diamant.
La spécialiste. Peu de trajectoires traversent avec autant d’aisance des institutions multilatérales, les banques régionales et, aujourd’hui, les marchés de capitaux privés comme celle de Frannie Leautier. Depuis l’élection de Sidi Ould Tah à la présidence de la BAD, en mai 2025, dont elle a été la directrice de campagne, elle est devenue l’une de ceux qui murmurent à son oreille.
Les intellos. Il fut le ministre sud-africain des Finances qui resta le plus longtemps en poste. Aujourd’hui, Trevor Manuel continue de parcourir de travailler sur le poids de la dette qui écrase la croissance africaine. Donald Kaberuka, lui, défend l’idée d’une sortie progressive de la dépendance à l’aide internationale qu’il a observée à la BAD, à la tête du conseil du Fonds mondial et comme envoyé spécial de l’Union africaine pour le Covid-19.
Retrouvez tous les portraits de la série « Après le pouvoir, la deuxième vie des bâtisseurs du développement ».
5. Cameroun : « Les déchus de la République »

De g. à dr. : Titus Edzoa, Ephraïm Inoni, Jean-Marie Atangana Mebara, Marafa Hamidou Yaya et Edgar Alain Mebe Ngo’o. © Montage JA; Vincent Fournier/JA; Maboup; Devra Berkowitz/UN Photo; Victor Zebaze © Montage JA; Vincent Fournier/JA; Maboup; Devra Berkowitz/UN Photo; Victor Zebaze
Cinq hommes et un chef d’État. Titus Edzoa, Jean-Marie Atangana Mebara, Ephraïm Inoni, Marafa Hamidou Yaya, Edgar Alain Mebe Ngo’o… Tous ont en commun d’avoir été très (trop ?) proches de Paul Biya. Grisés par le pouvoir, ils ont parfois caressé le projet de succéder au président du Cameroun. Mal leur en a pris.
Splendeur et déchéance. Accusés de corruption, pris dans les rets des affaires Épervier ou Albatros… Qu’ils aient été ministres, chef de la police ou secrétaire général de la présidence, ils se sont retrouvés devant la justice, puis derrière les barreaux.
Jeune Afrique revient sur le parcours de ces « déchus de la République », dans une série de cinq épisodes.
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