Pérennité et vitalité de l’Acadie du N.-B.: le statu quo n’est plus une option viable

Le Groupe de réflexion sur l’identité acadienne Nouvelle Acadie a déposé son rapport final mardi et le constat est clair: le statu quo n’est plus une option viable pour assurer la pérennité et la vitalité de l’Acadie du Nouveau-Brunswick.

Le document de 25 pages conclut qu’il y a urgence et que des actions concrètes doivent être entreprises par toute la société civile acadienne, tant au niveau du milieu de l’éducation, des municipalités ou des arts.

Le comité estime qu’il en va de la survie même de l’identité acadienne.

«Les données et les témoignages que nous avons recueillis nous ont fait voir une communauté vibrante, mais profondément inquiète face à l’effritement de sa langue, de sa culture et de son identité même», a indiqué Joseph Yvon Thériault, porte-parole du comité lors d’un point de presse.

«Qu’il s’agisse de l’urgence d’une gouvernance de la société civile acadienne, d’une véritable dualité en éducation et de son extension à la petite enfance, du réveil nécessaire de nos municipalités face à l’affichage ou du besoin de refinancer nos arts, le statu quo n’est plus viable», ajoute-t-il.

«Si nos droits ont été reconnus au niveau juridique, comme en témoigne le récent jugement de la Cour suprême du Canada, c’est désormais sur le terrain institutionnel, politique, communautaire et citoyen que se jouera notre survie.»

Mis sur pied en novembre 2025 par trois organismes acadiens, la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), l’Association acadienne des artistes professionnels du Nouveau-Brunswick (AAAPNB) et le Comité citoyen pour un nouveau nom, le Groupe de réflexion a publié un document de réflexion sur l’identité acadienne en avril dernier.

Il a ensuite tenu une consultation par sondage en ligne qui a recueilli des commentaires de 580 personnes, et tenu sept rencontres impliquant 70 personnes en mai.

Le groupe de réflexion a également participé activement aux États généraux à Saint-Basile, du 12 au 14 juin dernier, et a pris note des débats et de plusieurs propositions.

Selon le comité, la «Nouvelle Acadie» serait un chantier de construction nationale moderne, solidaire et résolument inclusif, capable de donner envie aux jeunes et aux personnes nouvellement arrivées de s’investir dans ce grand projet de société en français, en Amérique du Nord.

«L’Acadie doit, de manière urgente, construire une gouvernance capable de concertation et de rendre visibles et audibles les grandes revendications acadiennes. Elle doit aussi mobiliser ses propres institutions et organismes afin qu’ils s’engagent activement dans la vitalité et la prospérité de l’Acadie et de ses communautés», avance Joseph Yvon Thériault.

Le groupe croit également que les leaders de la communauté acadienne et les citoyens doivent investir le terrain politique.

«Un des grands chantiers pour l’amélioration de l’autonomie institutionnelle de l’Acadie est le respect de la dualité en éducation, incluant son extension à la petite enfance», indique le porte-parole.

«Le Plan d’éducation 2026-2038 échoue à mettre en œuvre la mission identitaire de l’école acadienne. Il ne propose toujours pas de cours sur l’histoire et la société acadienne, et encore moins d’un continuum pédagogique en construction identitaire.»

Il va plus loin en affirmant que le système scolaire, incluant la petite enfance, est identifié comme un secteur hautement prioritaire d’intervention pour la prochaine décennie.

Lise Ouellette est du même avis. Selon elle, le passage vers les écoles anglophones se fait malheureusement trop souvent.

«Cette réalité a des conséquences majeures au niveau de la continuité entre la petite enfance et l’école acadienne. Quand la garderie éducative est anglophone, dans beaucoup de cas, il y aura un continuum entre la garderie anglophone ou bilingue et le secteur de l’éducation anglophone», souligne celle qui fait aussi partie du groupe de réflexion.

«Dans ces cas, il y a une assimilation extrêmement rapide. Des enfants doivent passer par le système anglophone parce qu’il manque de places en français. Il devrait y avoir une démarche proactive du gouvernement provincial pour empêcher ce genre de situation.»

Le Groupe fait appel à la relance d’un mouvement pour la construction de la nouvelle Acadie.

«L’histoire acadienne s’est toujours écrite par des sursauts collectifs. Des mouvements similaires ont eu lieu à des moments charnières de notre histoire. Il a été vu comme un signal positif de réengagement, de foi en l’avenir et d’inclusion. Nous sommes aujourd’hui face à un autre de ces moments charnières», conclut le rapport final.

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