Revenir au Nouveau-Brunswick pour travailler en cinéma

S’il y a plus de 15 ans, Tanya Brideau a dû déménager au Québec pour pouvoir travailler comme comédienne, celle qui est de retour en Acadie depuis quelques années est fière de tenir le premier rôle dans un long métrage de fiction, Le trésor des héritiers, entourée d’une équipe d’acteurs et de techniciens entièrement néo-brunswickoise.

«C’est-tu pas fantastique? […] On a réussi à construire un écosystème au Nouveau-Brunswick qui est vraiment solide. On a réussi à avoir des comédiens, des techniciens qui sont ultras performants. On a des réalisateurs, des scénaristes qui débarquent, qui écrivent de belles choses, qui viennent produire ça ici. […] C’est incroyable, quelle fierté immense de se dire hey! on peut rester au Nouveau-Brunswick et finalement travailler en cinéma puis en télé», a déclaré Tanya Brideau, en entrevue à l’Acadie Nouvelle.

Elle joue le personnage d’Angéline LeBlanc, une cinéaste militante acadienne qui a vraiment son peuple à coeur. La comédienne voit dans ce rôle un lien très fort avec le réalisateur Phil Comeau qui poursuit aussi cette quête acadienne et qu’il a toujours défendu et mise de l’avant. Avec son compagnon Pierre Surette, elle part à la recherche du film Évangéline disparu depuis 1913, à travers des indices que son grand-père, le sénateur LeBlanc (Jean-Philippe Raîche), lui a laissés. C’est la première fois qu’elle incarne le personnage principal dans un long métrage de fiction. Elle se sent d’attaque et en confiance. En travaillant sur le film Le trou de cul du monde cet hiver, elle a cotoyé l’actrice québécoise Christine Beaulieu (qui tenait le rôle principal). Celle-ci lui a confié que la responsabilité d’un rôle principal est de faire briller les personnes autour d’elle. Un conseil qu’elle estime très pertinent.

«Dans le fond, on est là pour travailler avec l’équipe, avec son réalisateur, avec les comédiens autour de soi, avec l’éclairage, avec l’équipe administrative. On est une énorme équipe devant et derrière la caméra. Le rôle d’un personnage principal, c’est de les faire rayonner, de faciliter leur vie. C’est ce que j’essaie le plus possible d’appliquer avec ce projet ici.»

Elle est heureuse de partager le plateau avec Christian Essiambre avec qui elle a travaillé sur plusieurs projets (Garde partagée, Mont-Rouge et Comme dans l’espace). Tout comme sa collègue, le comédien est revenu en Acadie après avoir travaillé en télévision au Québec. Depuis son retour, il œuvre à bâtir une industrie télévisuelle forte au Nouveau-Brunswick, notamment avec la série Bedaine qu’il réalise, dont le tournage de la deuxième saison commence bientôt. Cette série humoristique emploie plusieurs comédiens et techniciens de la province.

«On peut grâce au nombre de productions qu’on fait, leur offrir de la job quasiment à l’année. Ça, c’est trippant aussi. »

Si Christian Essiambre a réalisé et joué dans des séries télévisées, c’est la première fois qu’il tient un rôle au cinéma.

«Il y a un petit stress, évidemment, parce qu’on va être assis dans une salle ensemble à vivre ce moment-là. Je ne sais pas quand, je ne sais pas où, mais ça va arriver, inévitablement.»

Celui qui a travaillé surtout derrière la caméra comme réalisateur en télévision ces dernières années fait un retour comme comédien.

«Ce stress-là, c’est sûr qu’il est toujours là. Mais sinon, ça va super bien. On s’amuse beaucoup avec Phil. Tanya est devenue une amie au fil des années. On trippe, on rit et on a du fun. C’est super agréable.»

Son personnage de Pierre Surette est un professeur d’histoire un peu lassé. Quand le personnage d’Angéline l’approche pour l’aider dans sa quête, il décide de tout abandonner pour la suivre dans cette aventure un peu folle. Un personnage un peu craintif, timide et surtout très amoureux de la cinéaste.

 

Plus tranquille du côté anglophone

Si l’industrie du cinéma et de la télévision est florissante du côté francophone, chez les anglophones, c’est un peu plus tranquille pour l’instant, note le comédien Sheldon Garland qui incarne l’assassin William dans Le trésor des héritiers. Après avoir étudié au Vancouver Film School et travaillé comme acteur dans l’Ouest, le comédien anglophone est de retour au Nouveau-Brunswick.

«Je fais tout ce que je peux localement. Mais il semble y avoir beaucoup plus de productions en français qu’en anglais. C’est génial pour la communauté française. Ils ont une couple de bons projets, films et émissions tandis que du côté anglophone c’est plutôt tranquille pour l’instant», a expliqué le comédien qui aimerait bien parler français.

Le personnage du tueur qui est un homme avec des jambes et des bras bioniques est un anglophone. Et c’est ainsi qu’il a obtenu le rôle. «Je pense que c’est vraiment le fun», confie l’acteur.

C’est la première fois qu’il joue dans une production francophone. Ayant passé beaucoup de temps auprès de sa grand-mère acadienne à Caraquet quand il était enfant, il connaît la culture et l’histoire de l’Acadie. Il avoue qu’être anglophone et jouer dans un film français représente un défi, engendrant parfois des malentendus plutôt loufoques.

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