Depuis le 18 mai et jusqu’à la finale, Roland-Garros sert de terrain d’expérimentation à un nouveau dispositif antipiratage : le blocage en temps réel des adresses IP des serveurs IPTV illégaux. Une première sur une grande compétition en France.
Pendant chaque match, les ayants droit détectent les flux pirates et les signalent à l’Arcom, qui ordonne aux quatre principaux FAI (Orange, SFR, Bouygues Telecom, Free) de bloquer immédiatement les adresses IP concernées. Le dispositif, inspiré de l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni, intègre plusieurs garde-fous, comme une liste d’IP intouchables et des fenêtres de blocage limitées à la durée du match, pour éviter les dégâts collatéraux observés à l’étranger.
Un prélude à la Coupe du monde
Le tournoi a été retenu pour sa durée, son rayonnement et la diversité des horaires de matchs. L’enjeu réel : appliquer le dispositif à la Coupe du monde de football qui démarre le 11 juin, où les flux pirates seront massivement plus nombreux. La méthode pourrait ensuite être étendue aux coupes d’Europe et à la Ligue 1+.
Des pertes massives. Le piratage sportif représente 300 millions d’euros de manque à gagner annuel selon l’Association pour la protection des programmes sportifs, et 1,5 milliard d’euros pour l’ensemble des contenus culturels. 11% des internautes français auraient déjà utilisé une IPTV, selon l’Arcom.
La proposition de loi du sénateur Laurent Lafon (Union centriste), adoptée au Sénat en juin 2025 et toujours en attente à l’Assemblée, prévoit de généraliser le blocage automatisé en temps réel. Si Laurent Lafon vise les diffuseurs illégaux plutôt que les consommateurs, la ministre des Sports Marina Ferrari plaide pour des sanctions visant aussi les utilisateurs finaux, rappelant que 10 millions de Français consomment des contenus illicites.
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