Pour rivaliser avec OpenAI, la France devrait dépenser 700 milliards de dollars ou 10 ans de budget militaire

Le plan IA français vient de trouver son chiffre. Une note très
détaillée propose de doter l’Hexagone d’un laboratoire capable de
rivaliser avec OpenAI. La facture dépasse tout ce qui existe
aujourd’hui.

Le plan IA français chiffre enfin le ticket d’entrée

La France regarde depuis deux ans la
course à l’intelligence artificielle se jouer entre Washington
et Pékin. Selon une note publiée dans la revue Le Grand Continent le 8 juillet
2026, l’Hexagone resterait pourtant le pays le mieux placé pour
devenir le troisième acteur mondial. Les auteurs sont l’énarque
Tristan Claret-Trentelivres, le haut fonctionnaire Raphaël Doan et
les ingénieurs Aymeric Roucher et Victor Storchan. Ils baptisent
leur projet l’opération Prométhée.

Le montant donne le vertige. Les auteurs estiment le besoin à
environ 700 milliards de dollars sur trois ans, soit 620 milliards
d’euros. Cette somme équivaut à plus de dix ans de
dépenses militaires françaises. En effet, le budget des Armées
atteint près de 60 milliards d’euros cette année. De plus, l’État
devrait apporter 1,5 % du produit intérieur brut chaque année
pendant la phase d’amorçage.

Le calcul absorbe 95 % de cette enveloppe. Or, cette puissance
se mesure en gigawatts, l’unité de puissance électrique. Elle
suppose de construire des centres de données remplis de puces
graphiques très coûteuses. Fin 2025, OpenAI disposait d’environ 1,9
GW et Anthropic de 1,4 GW. Les auteurs fixent donc un objectif de
12 GW en 2029. La trajectoire passe par 2 GW en 2027, puis 7 GW en
2028.

Un seul laboratoire concentrerait tous les moyens

Mistral AI reste aujourd’hui le seul acteur européen à avoir
conçu un grand modèle de langage. Cependant, l’entreprise dirigée
par Arthur Mensch manque de
puissance de calcul face aux laboratoires américains. Elle vaut
environ vingt milliards d’euros, soit un huitième du coût annuel du
projet.

Les auteurs écartent d’emblée l’idée de financer plusieurs
champions. Ils écartent aussi la piste européenne, car une
gouvernance multinationale paralyserait les décisions selon eux. Le
projet prendrait la forme d’une holding dont l’État détiendrait 25
%. Toutefois, la puissance publique ne piloterait pas le
laboratoire lui-même.

Les salaires des chercheurs pèsent
aussi très lourd

Une équipe de 1 700 personnes suffirait, dont une soixantaine de
chercheurs d’élite débauchés chez les concurrents. Ces derniers
coûteraient 3 milliards de dollars par an. Autrement dit, chacun
toucherait plusieurs dizaines de millions d’euros. À titre de
comparaison, Anthropic emploie 3 000 personnes et
OpenAI environ 5 000.

Ces montants paraissent démesurés. Pourtant, la Silicon Valley
pratique déjà ces tarifs. Un ingénieur a ainsi refusé une offre de
250 millions de dollars par an formulée par Meta. Par conséquent,
les auteurs jugent ce poste incontournable pour espérer entraîner
des modèles de pointe.

Le financement privé porterait l’essentiel de l’effort. Dès
lors, les auteurs proposent d’attirer des fonds européens et de
flécher une partie de l’assurance-vie des Français vers le projet.
Leur pari repose sur une idée simple. Une solution ni américaine ni
chinoise intéresserait beaucoup d’investisseurs étrangers. Mi-juin,
Washington a d’ailleurs restreint l’accès de ses meilleurs modèles
aux utilisateurs étrangers.


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