RD Congo: le président burundais Evariste Ndayishimiye appelle au dialogue entre pouvoir et opposition | TV5MONDE

Au Burundi, le président Evariste Ndayishimiye a reçu, ce lundi 6 juillet, des responsables des partis politiques d’opposition et des leaders des principales confessions religieuses de République Démocratique du Congo (RD Congo). Il a lancé un appel au dialogue concernant la crise sécuritaire persistante dans l’est du pays.

En sa qualité de président en exercice de l’Union africaine, le chef de l’État burundais Evariste Ndayishimiye a reçu en audience ce lundi 6 juillet, à Bujumbura, au Burundi, plusieurs figures de l’opposition congolaise, ainsi que des responsables religieux. Cette initiative intervient dans un contexte marqué en République démocratique du Congo par les manifestations de l’opposition contre le changement de Constitution, ainsi que la crise sécuritaire dans l’est du pays.

Dans un bref communiqué publié par la présidence burundaise sur le réseau social X, le chef de l’État burundais Evariste Ndayishimiye a appelé au dialogue et à l’unité en République démocratique du Congo. « En tant que président en exercice de l’Union africaine, il veut contribuer à trouver une solution. Et pour lui, lorsqu’il y a des problèmes, les parties doivent se parler. », a confié un membre de la Coalition Article 64(C64) à notre confrère congolais Actualite.cd.

Une simple consultation

En revanche, a affirmé ce mardi le média en ligne Ouragan.cd, pour le camp de l’ancien président Joseph Kabila, cette initiative s’apparente davantage à une opération politique. « Les pro-Kabila dénoncent un médiateur partial, un processus mal ficelé et une tentative de contourner les véritables acteurs de la crise. », écrit le journal Ouragan.cd. 

Pourtant, selon nos confrères de la presse congolaise, cités par Radio Okapi, Martin Fayulu, dirigeant d’Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECIDE), Delly Sesanga d’Ensemble national des valeureux œuvrant pour la liberté (ENVOL), ou encore Jean-Marc Kabund d’Alliance pour le changement, ont fait le déplacement au Burundi.

Les mêmes journaux précisent que des délégués de la CENCO, la Conférence épiscopale nationale du Congo, et de l’Église du Christ au Congo (ECC), qui rassemble une centaine de confessions protestantes et évangéliques, sont également présents sur place. 

La démarche du président burundais est une consultation et non pas une médiation à proprement parler. Et d’après nos confrères de Radio France Internationale (RFI), les autorités burundaises insistent sur la connaissance qu’a le président Evariste Ndayishimiye des acteurs et des enjeux, mais aussi sur sa qualité de président en exercice de l’Union africaine. 

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Issus d’horizons différents, les acteurs politique et religieux concernés par cette rencontre se rejoignent sur un point: le refus d’une modification des règles du jeu institutionnel. Depuis plusieurs mois, l’opposition congolaise appelle à la démission du président Félix Tshisekedi. Ce dernier est accusé de vouloir modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir au-delà de la limite de deux mandats.

Un troisième mandat contesté

Au début de ce mois, l’opposition a repoussé au 22 juillet prochain un appel à manifester notamment dans la capitale Kinshasa, après la proposition de dialogue du chef de l’État burundais Evariste Ndayishimiye. Et toujours selon nos confrères de RFI, Martin Fayulu souhaite rappeler au président Ndayishimiye deux exigences: l’absence de troisième mandat pour Félix Tshisekedi, et la convocation urgente d’un dialogue national inclusif pour sortir de la crise politique et sécuritaire. 

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Au pouvoir depuis 2019, le président Tshisekedi doit passer la main fin 2028, compte tenu de la limite constitutionnelle de deux quinquennats. Au cours d’une conférence de presse en mai dernier, à Kinshasa, il avait déclaré:  « Je n’ai pas sollicité de troisième mandat, mais je vous le dis: si le peuple souhaite que j’aie un troisième mandat, j’accepterai. »

« Pour moi, si changement, révision ou tout ce qu’il y a doit se faire, ce ne sera jamais sans consulter la population, le peuple congolais, c’est-à-dire par référendum », avait-il précisé. 

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Depuis, les crispations se concentrent autour d’une loi établissant un cadre en vue d’un référendum sur une révision de la Constitution. Cette dernière a été votée mi-juin par le Parlement, au sein duquel l’alliance présidentielle est majoritaire. 

Au cours d’une allocution prononcée le 30 juin dernier à l’occasion de la fête de l’indépendance, le président Tshisekedi a déclaré avoir « déféré cette loi à la Cour constitutionnelle aux fins d’examen de sa constitutionnalité. » Il s’agit là de la dernière étape avant la promulgation de ce texte, malgré la mise en doute de l’indépendance de la Cour.

La recherche d’un dialogue

Sortie affaiblie et divisée de la présidentielle de 2023, remportée par Félix Tshisekedi avec 73% des voix, l’opposition tente aujourd’hui de se rassembler. En mai dernier, elle a lancé la Coalition Article 64 (C64), en référence à l’article de la Constitution qui autorise les citoyens à s’opposer à toute prise de pouvoir jugée inconstitutionnelle. 

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Cette coalition regroupe des leaders tels que Moïse Katumbi, riche homme d’affaires et ancien gouverneur du Katanga dans le sud-est du pays, qui avait obtenu 18% lors de la présidentielle de 2023 et qui vit aujourd’hui en exil. L’ex-ministre et ancien député Delly Sesanga a également rallié la plateforme, tout comme Martin Fayulu, qui n’a remporté que 5% des voix en 2023 et affirme toujours que la victoire lui a été volée à l’élection contestée de 2018.

Toujours selon nos confrères de RFI, les autorités burundaises ont également invité des personnalités comme le prix Nobel de la paix Denis Mukwege ou encore le pasteur Ejiba Yamampia. Président de la plateforme des confessions religieuses, dont ne font plus partie la CENCO et l’ECC, le pasteur Ejiba Yamampia est le seul responsable religieux invité à cette rencontre qui soutient le projet de changement de Constitution.

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Les églises catholiques et protestantes défendent quant à elles un dialogue national dans le cadre de leur Pacte social pour la paix et le vivre-ensemble. Présenté au président Tshisekedi l’année dernière, ce pacte vise à restaurer la cohésion nationale dans le contexte politique et sécuritaire actuel dans le pays. 

En juin dernier, les évêques de la CENCO se sont même prononcés contre toute modification de la Constitution. Une position qui tranche avec celle des Églises du Réveil, institution proche du pouvoir et favorable à cette révision constitutionnelle. 

Quant au dialogue initié par le chef de l’État burundais Evariste Ndayishimiye, il aurait été évoqué lors de sa visite à Kinshasa le 23 juin dernier, souligne par ailleurs RFI. Présenté comme un allié de la RD Congo face au Rwanda et aux rebelles de l’AFC/M23, le président Ndayishimiye fait désormais figure d’acteur majeur dans la région. 

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