RDC: Félix Tshisekedi envisage un report de l’élection présidentielle en 2028 ‘si on ne peut pas terminer’ la guerre à l’est | TV5MONDE

Le président de la RDC Félix Tshisekedi s’est exprimé devant la presse nationale et internationale ce 6 mai dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement chargé. Il a annoncé que l’élection présidentielle de 2028 ne pourra pas être organisée si le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo n’est pas terminé.

Le président Félix Tshisekedi a ouvert sa conférence de presse par un discours sur la liberté de la presse en rendant hommage aux journalistes qui sur le terrain rendent compte des souffrances des populations touchées par la guerre.

 « La liberté de la presse n’est pas une faveur accordée par le pouvoir. Elle est une exigence démocratique » a-t-il déclaré. Il a également mis en garde contre les dérives liées à la désinformation et à la manipulation de l’opinion publique « car la guerre ne se mène pas seulement pas les armes » mais aussi par la désinformation, « la propagande et les images fabriquées. »

Il a ensuite immédiatement abordé la guerre dans l’est du pays. Et il s’est exprimé sur un éventuel report de l’élection présidentielle, prévue en 2028, alors que le groupe armé M23 soutenu par le Rwanda s’est emparé de vastes pans de territoires dans les provinces orientales du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. 

« Si on ne peut pas terminer cette guerre, malheureusement, on ne pourra pas organiser les élections en 2028 », a affirmé Félix Tshisekedi. 

« On ne va pas les organiser sans » le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, a-t-il ajouté. « Mais ce ne sera pas parce que j’ai refusé de les organiser« , a-t-il souligné. 

Selon lui, la « guerre nous a été imposée » par le Rwanda voisin, dont les forces armées ont été sanctionnées par les États-Unis début mars pour leur soutien au M23 et leur présence dans l’est de la RDC. 

Un troisième mandat ?

Au pouvoir depuis 2019, Félix Tshisekedi, 62 ans, arrivera au terme de son second mandat de cinq ans en 2028. La Constitution congolaise place la limite à deux mandats présidentiels.

« Je n’ai pas sollicité de troisième mandat, mais je vous le dis: si le peuple souhaite que j’ai un troisième mandat, j’accepterai », a déclaré le chef de l’État élu en 2018 puis réélu en 2023. 

« Pour moi, si changement, révision ou tout ce qu’il y a doit se faire, ce ne sera jamais sans consulter la population, le peuple congolais, c’est-à-dire par référendum », a-t-il précisé.

En RDC, toute modification constitutionnelle doit être approuvée par référendum sur convocation du président, sauf si le projet est approuvé à la majorité des trois cinquièmes par le parlement. L’Union sacrée, alliance de partis rassemblés dans la majorité présidentielle, y détient une écrasante majorité.  

L’opposition, affaiblie par des défaites électorales successives, accuse depuis 2024 le président congolais Félix Tshisekedi de manœuvres pour rester au pouvoir, estimant que toute tentative de modifier la constitution équivaudrait à un « coup d’État constitutionnel ».

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