Reconversion professionnelle : les Guadeloupéens optent majoritairement pour l’artisanat

On le sait depuis des années : l’artisanat est la première entreprise de France. Par ailleurs, une récente étude nous apprend que ce secteur, qui s’avère pluriel, est au cœur des projets de reconversion professionnelle des Français.

En 2023, 200.000 personnes ont choisi l’artisanat pour changer de métier, de carrière, pour se réorienter. Parmi elles, on compte 75.000 créateurs d’entreprise, dont 40% de femmes.

L’artisanat est, enfin, un véritable levier pour l’économie locale. 150.000 postes sont à pourvoir dans les entreprises correspondantes. 68% des artisans sont ainsi ouverts à l’embauche de profils en reconversion. Les Chambres de métiers et de l’artisanat (CMA) affichent un taux de 75% de réussite, à 3 ans, pour les entreprises créées.

Qu’en est-il en Guadeloupe ? Nous avons posé la question à Willy Ramsamy, le directeur général des services de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat de la Région Guadeloupe. Selon lui, l’archipel est au diapason de l’Hexagone.

« C’est vrai que l’on retrouve beaucoup de personnes, de jeunes, de moins jeunes, en reconversion professionnelle, qui souhaitent s’orienter vers l’artisanat, qui souhaitent s’orienter vers le secteur le plus dynamique, en termes de création de valeur sur le territoire (…). En Guadeloupe, ce sont plusieurs milliers de personnes qui indiquent leur souhait, leur volonté, leur désir de se reconvertir professionnellement dans l’artisanat. »

Willy Ramsamy, directeur général des services de la CMA Région Guadeloupe

Comment expliquer cet attrait pour les métiers de l’artisanat ?

« L’artisanat offre des opportunités, en termes d’emploi, en termes de création d’entreprises, mais aussi en termes de projets de vie. Et donc, fort de cela, c’est un secteur qui attire, qui attire de nombreuses personnes. »

Willy Ramsamy, directeur général des services de la CMA Région Guadeloupe

L’artisanat est un secteur très large. Quelques métiers attirent davantage de Guadeloupéens que d’autres.

« Nous avons un centre de formation, CMA Formation, qui accueille les publics en voie de reconversion, principalement sur les métiers de l’alimentation (donc les métiers de la bouche, de la boulangerie, de la pâtisserie), mais aussi sur les métiers de l’automobile. Ce n’est pas un hasard, puisque ce sont les secteurs les plus dynamiques de l’île et, donc, il est naturel qu’on retrouve à la fois des créateurs d’entreprises et à la fois les publics en reconversion dans ces métiers. »

Willy Ramsamy, directeur général des services de la CMA Région Guadeloupe

Justement, la formation est un passage obligé, pour ceux qui entendent changer de voie professionnelle.

« L’artisanat, ce sont des métiers qualifiés et, donc, pour œuvrer, pour travailler, pour fonctionner dans l’artisanat, il faut se former. Nous avons initié une démarche autour de cinq grands pôles pour accompagner ces publics. D’abord l’information, puisque souvent les publics qui souhaitent se reconvertir sont en recherche d’information. Ensuite, nous qualifions avec eux leur projet, pour voir l’adéquation de leur ambition avec leur réalité, la faisabilité de leur projet. Nous le validons. Nous formons aussi ces personnes qui souhaitent se reconvertir et nous cherchons avec ces personnes des financements, parce que souvent le financement c’est le nerf de la guerre. »

Willy Ramsamy, directeur général des services de la CMA Région Guadeloupe

Bonne nouvelle : de nombreuses opportunités de financements sont dédiées à la création d’entreprise (le compte de formation professionnelle, l’aide individuelle à la formation, le conseil en évolution professionnelle, les dispositifs d’aide spécifiques, etc.). Mais elles sont trop peu mobilisées, déplore Willy Ramsamy.

Les entreprises artisanales créées par des personnes en reconversion enregistrent un bon taux de réussite.

« Aujourd’hui, en Guadeloupe, le taux de survie à trois ans des entreprises artisanales est de 81%. Par ailleurs, il est plutôt de 60% sur l’ensemble du secteur. Et nous observons que les entreprises reprises dans le cadre de reconversion professionnelle ont des taux de survie légèrement plus importants. Pourquoi ? Parce que les personnes en reconversion professionnelle ont peut-être une motivation supérieure. Ils ont une expérience professionnelle diverse et variée précieuse et, donc, ils sont peut-être plus impliqués dans le processus de reprise ou de reconversion. »

Willy Ramsamy, directeur général des services de la CMA Région Guadeloupe

La Chambre des métiers de l’artisanat aide les professionnels à transmettre leur savoir, au profit de personnes intéressées par leur métier.

« Nous avons, avec le Conseil départemental, sur cette problématique, un dispositif spécifique qu’on appelle « Nouveau départ », qui permet aux bénéficiaires du RSA de reprendre des entreprises artisanales, dans le cadre d’un processus formalisé, accompagné et financé. »

Willy Ramsamy, directeur général des services de la CMA Région Guadeloupe

Bon à savoir : l’actuelle gouvernance de la Chambre de Métiers, dans son projet politique, porte l’ambition de féminiser l’artisanat, mais aussi de permettre à des jeunes d’intégrer les métiers de l’artisanat.

(RE)VOIR/ Willy Ramsamy, le directeur général des services de la CMA Région Guadeloupe, était l’invité d’Eddy Golabkan, dans le journal TV « 13h00 en Guadeloupe » du 11/05/2026.

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