L’annonce a provoqué une vive inquiétude au sein de l’Institut National Supérieur du Professorat et de l’Éducation (INSPE). Selon plusieurs organisations syndicales, la direction a informé les personnels que certaines formations ne seraient pas reconduites systématiquement à la rentrée de septembre 2026.
Gladys Destin Guillou, secrétaire académique du SNPTES-UNSSA, explique qu’un courrier du président de l’université a été adressé aux personnels dès novembre dernier.
« Le président nous a envoyé un mail indiquant que, le budget étant contraint, des décisions devraient être prises concernant certaines formations jugées peu pertinentes en nombre d’étudiants et trop coûteuses. »
Gladys Destin Guillou, secrétaire académique du SNPTES-UNSSA · ©Interrogée par Dominique Legros
Un changement introduit par la réforme du concours du CAPES. Désormais, les étudiants de niveau licence 3 pourront se présenter à cet examen national. Seuls ceux qui réussiront pourront ensuite être admis au sein des différents INSPEpour poursuivre les deux années d’études en master afin de devenir enseignant.
Parmi les cursus potentiellement concernés sur le campus de Martinique figurent les lettres, l’histoire-géographie ou encore l’espagnol. Selon les syndicats, aucune demande d’accréditation ne serait déposée pour permettre leur maintien.
Des conséquences pour les étudiants et les enseignants
Pour les organisations syndicales, ces fermetures auraient des conséquences importantes pour les étudiants martiniquais souhaitant devenir enseignants.
« Les étudiants inscrits dans ces filières seraient amenés à partir se former ailleurs. C’est un vrai problème, notamment pour les étudiants précaires qui n’ont pas forcément les moyens de poursuivre leurs études hors du territoire. »
Gladys Destin Guillou, secrétaire académique du SNPTES-UNSSA · ©Interrogée par Dominique Legros
Les inquiétudes concernent également les enseignants assurant actuellement ces formations. « On ne sait pas ce qu’ils seront amenés à faire. C’est aussi un problème humain », ajoute la représentante syndicale.
Selon elle, toutes les formations comptant moins de douze étudiants hors lauréats pourraient être concernées par ces restrictions.
La question de l’ancrage culturel des futurs enseignants
Au-delà de l’aspect budgétaire, les syndicats dénoncent aussi les conséquences pédagogiques et culturelles de ces possibles suppressions.
Pour Frédéric Vigouroux, représentant du SNASUB-FSU, l’INSPE joue un rôle essentiel dans la formation des futurs enseignants appelés à exercer en Martinique.
« En empêchant les étudiants de suivre ici une formation en littérature, histoire ou arts plastiques liée aux spécificités de l’académie de Martinique, on risque de se retrouver avec des enseignants qui ne connaîtront ni notre culture, ni notre littérature, ni nos expressions artistiques. »
Frédéric Vigouroux, représentant du SNASUB-FSU · ©Interrogé par Dominique Legros
Le syndicaliste souligne qu’il ne remet pas en cause les compétences pédagogiques des futurs enseignants, mais insiste sur l’importance de leur connaissance du territoire martiniquais.
« C’est extrêmement gênant de représenter face à des petits Martiniquais des enseignants qui, même très bons pédagogiquement, n’ont aucune connaissance du territoire particulier sur lequel ils vont exercer », poursuit-il.
Pour les représentants du personnel, l’enjeu dépasse le seul cadre universitaire et concerne plus largement l’avenir de la jeunesse martiniquaise et la transmission des spécificités culturelles du territoire.
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