«Rejoindre l’armée revient à trahir notre mode de vie» : en Israël, la fronde des ultraorthodoxes fracture le pays

ENQUÊTE – Ils bloquent les autoroutes, bravent la prison et refusent les convocations militaires. Après deux ans et demi de guerre, le refus catégorique de haredim de rejoindre l’armée menace la coalition de Benyamin Netanyahou et révèle la peur d’un monde religieux de voir ses fils happés par la société laïque.

D’un bond, des dizaines d’hommes en noir déboulent sur le carrefour qui permet d’accéder à l’échangeur de Ganot dans le centre du pays. Les mains levées au-dessus de leurs chapeaux de feutre, ils courent entre les klaxons, et forcent les voitures à s’arrêter. Le blocage est en place. Ces juifs ultraorthodoxes, ou haredim («craignant Dieu», en hébreu), s’assoient à même l’asphalte et chantent à tue-tête devant un bus immobilisé et une colonne de voitures. Les klaxons continuent de plus belle, couvrent leurs mélopées, sans les interrompre.

Ce jeudi, plusieurs des plus importantes factions du monde haredi ont appelé leurs ouailles (masculines) à bloquer les échangeurs de l’autoroute 1, qui traverse le pays d’est en ouest de Tel-Aviv à Jérusalem. En quelques minutes, ces milliers d’étudiants en talmud ont bloqué tout le centre du pays pour faire entendre leur refus de rejoindre l’armée.

Un homme fait face à des manifestants juifs ultra-orthodoxes (haredim) rassemblés à un carrefour très fréquenté en périphérie de Tel-Aviv pour bloquer la circulation, afin de protester contre l’emprisonnement de membres de leur communauté ayant refusé le service militaire.
Albert Lores

« Nous devons montrer que nous sommes prêts à tout pour ne pas rejoindre l’armée. Rejoindre l’armée, pour nous…

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