Rien ne va plus entre la CSR Chaleur et Belle-Baie, le gouvernement appelé à intervenir

Le torchon continue de brûler entre la Commission de services régionaux Chaleur et la municipalité de Belle-Baie. La CSR a voulu remettre les pendules à l’heure quant à ses actions, mais cette déclaration est dénoncée par des experts qui demandent l’intervention du gouvernement provincial.

Lors de la réunion municipale du 21 avril à Belle-Baie, le maire sortant, Daniel Guitard, a donné sa version des faits du conflit qui oppose sa municipalité à la CSR Chaleur. 

En entrevue après cette séance municipale, le maire explique qu’il s’est battu pour ne pas avoir à payer pour les arénas de Bathurst, car Belle-Baie payait déjà pour deux arénas déficitaires sur son territoire.

Je trouvais ça ingrat, dit-il. Pendant trois ans et demi, je me suis battu corps et âme […] pour essayer de gagner mon point, j’ai perdu.

Daniel Guitard est le maire sortant de la Ville de Belle-Baie, dans le nord du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

Ce climat de tensions ne date pas d’hier.

Moi, les décisions que j’ai prises avec mon conseil, c’était de protéger Belle-Baie, lance le maire sortant, qui ne se représente pas aux élections du 11 mai.

Il jette le blâme sur le manque de formation, autant du côté des élus municipaux que des gens travaillant à la CSR

La CSR se justifie dans une déclaration

En réaction à ces propos, la CSR Chaleur a publié une déclaration mardi affirmant notamment que Belle-Baie semble privilégier des considérations politiques au détriment du bien-être des citoyens. L’organisme a voulu exprimer son exaspération face à Belle-Baie et remettre les pendules à l’heure sur ce qui s’est fait selon chaque dossier.

Il y a des affaires qui sont dites qui ne sont pas factuelles, donc c’est pour ça qu’on a sorti le bulletin. Pour mettre ça au clair, explique le président de la CSR Chaleur, Michael Willett.

Michael Willett sourit à la caméra, à l'intérieur d'un terminal d'aéroport.

Michael Willett, président de la Commission des services régionaux Chaleur. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

C’est de valeur d’être obligé de faire ça, mais […] c’est le temps de protéger les employés de la CSR Chaleur.

Une déclaration inacceptable

Toutefois, cette déclaration, surtout en pleine période électorale, est dénoncée par deux intervenants du milieu de la gouvernance locale. Frédérick Dion et Lise Ouellette ont longtemps œuvré dans ce milieu, entre autres au sein de l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick.

Lise Ouellette rappelle que les CSR sont des outils administratifs qui aident les municipalités à offrir des services sur leur territoire. Elles ne doivent pas adopter un ton ouvertement politique et intervenir publiquement dans un débat impliquant une municipalité membre.

Lise Ouellette debout dehors en train de parler, dans la neige.

Lise Ouellette croit que la CSR a fait fausse route en envoyant cette déclaration, en pleine campagne électorale. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada

Quand on a vu ce dérapage-là, on a dit, c’est grave, c’est très grave comme situation. Il faut mettre un frein à ça. Il y a des règles de base qui doivent être respectées, soutient Lise Ouellette.

Il faut protéger les municipalités et il ne faut pas alimenter les polémiques.

Lise Ouellette et Frédérick Dion demandent au gouvernement provincial d’intervenir rapidement et de lancer un examen externe sur la gouvernance de la CSR Chaleur, avant les élections.

C’est vraiment inacceptable là, faut remédier à la situation rapidement.

Espoir envers le prochain conseil municipal

Le président de la CSR Chaleur, Michael Willett, réitère que la population devait être informée.

Définitivement on ne voulait rien sortir de ça ici durant surtout les élections municipales, mais j’ai trouvé qu’on n’avait pas le choix de répondre aux questions, aux propos que le maire Guitard avait faits, il fallait répondre à ça. Il y avait beaucoup d’affaires qui étaient imprécises, mettre les points sur les i.

M. Willett souhaite que l’élection d’un nouveau conseil municipal à Belle-Baie amène une meilleure collaboration.

C’est ça qu’on s’attend nous autres, on s’attend qu’avec le nouveau conseil, à Belle-Baie qu’ils vont revenir à la table et travailler en collaboration avec le restant des communautés.

Dans une déclaration, le ministre de l’Environnement et des Gouvernements locaux, Aaron Kennedy, affirme être préoccupé par la situation.

Aaron Kennedy interviewé en mêlée de presse.

Aaron Kennedy est ministre des Gouvernements locaux et ministre responsable de Service Nouveau-Brunswick. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada

Le ministère est disponible pour soutenir le dialogue entre les parties une fois que le conseil de Belle-Baie nouvellement élu et le conseil d’administration de la Commission de services régionaux Chaleur auront prêté serment, dans l’espoir d’en arriver à une solution dans le meilleur intérêt de toutes les parties.

D’après le reportage de Charles-Étienne Drouin

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