Ce 10 juillet 2026, des plaignants ont saisi la Cour pénale internationale (CPI) pour des crimes contre l’humanité au Katanga, en République démocratique du Congo (RDC). Parmi ceux-ci, Jean-Pierre Muteba, Igor Muteb, un frère d’une victime et une victime directe. Mais aussi des associations de la société civile : le Bloc Katangais, la Cause Katangaise et la Renaissance ASBL. Les avocats ayant déposé cette « communication d’alerte » sont Maîtres Hervé Diakiese et Bernard Maingain.
Selon les plaignants, le président Félix Tshisekedi commettrait depuis 2019, en toute impunité, des exactions contre les populations katangaises et swahiliphones. Au cœur du sujet : les immenses ressources minières du Katanga. Selon eux, le président et ses proches auraient instauré une politique de prédation pour piller systématiquement les richesses de la région. « Pour asseoir une prédation pareille, il faut un appareil répressif », explique Bernard Maingain. Selon l’avocat, ce système musellerait l’opposition et les soulèvements populaires, infligeant aux communautés du Katanga des actes de « persécution ethnique ». Les avocats ont recensé onze massacres, qui auraient été commis entre autres par des milices privées composées de ressortissants du Kasaï, d’où le président est originaire. « Ces faits sont documentés par plusieurs organisations nationales et internationales de défense des droits humains », affirme Nicole Mwelwa, représentante du Bloc Katangais.
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La justice congolaise ne se saisissant pas de ces faits, le dossier a été porté à l’international, auprès de la CPI. Pour appuyer leur saisine, les avocats ont établi un parallèle entre les faits reprochés à l’ex-président philippin, Rodrigo Duterte, qui sera jugé cet automne par la CPI pour crimes contre l’humanité, et ceux qu’ils estiment à charge du président Félix Tshisekedi. La décision d’ouvrir un dossier revient au procureur. Pour Maître Maingain, « cette collecte des preuves servira à nourrir la mémoire de l’histoire d’un peuple ».
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