Selon Valter Longo, nutrition et mode de vie font la différence entre vivre jusqu’à 65 ou 90 ans

Directeur de l’Institut de longévité de l’University of Southern
California (USC), le biogerontologue italien Valter
Longo
est devenu une figure majeure de la recherche sur le
vieillissement. Pour lui, l’écart entre une vie qui s’arrête vers
65 ans et une autre qui se prolonge jusqu’à 90 ans ne tient pas
seulement aux gènes, mais à ce que l’on met dans son assiette et à
la façon dont on vit chaque jour.

Dans une interview à La Vanguardia, relayée par la presse
espagnole, il résume sa position : « Il se peut que la génétique
soit très importante pour atteindre 110 ans, mais les facteurs qui
déterminent qu’une personne vive jusqu’à 65 ou 90 ans sont la
nutrition et le mode de vie ». Cette phrase concentre l’approche
Valter Longo longévité nutrition mode de vie et
laisse entendre que l’on peut agir, y compris après 60 ans. Reste à
préciser ce que cela implique concrètement.

Gènes, longévité et rôle central de la nutrition

Les travaux de Valter Longo, auteur de La dieta de la
longevidad
et El ayuno contra el cáncer, font écho à
une étude publiée en 2024 dans la revue scientifique Nature
Medicine sur près de 500 000 adultes de la cohorte UK Biobank : les
facteurs environnementaux et le style de vie expliquent une part
bien plus importante du risque de mortalité que les scores
génétiques. Pour le chercheur, « le régime alimentaire doit être
surveillé dès la naissance, mais surtout à partir de 20 ans. Même
après 60 ans, passer à une alimentation axée sur la longévité peut
être très efficace », insiste-t-il. Dans cette « longevity diet »,
environ 80 % des apports viennent de glucides complexes d’origine
végétale : céréales complètes, légumineuses, fruits à coque, huile
d’olive et une quantité modérée de fruits, loin des sucres et
farines raffinés.

Nutrition de longévité : ce que propose Valter Longo

Ce modèle alimentaire reste majoritairement végétal, avec des
portions modérées de poisson, tel que décrit par le Longevity
Institute de l’USC. L’objectif est d’apporter beaucoup de fibres,
de vitamines et de graisses insaturées protectrices, tout en
limitant les protéines et les graisses animales avant 60 ans. Passé
cet âge, le chercheur recommande au contraire d’augmenter la
quantité et la diversité d’aliments riches en protéines pour
préserver la masse musculaire. Cette adaptation vise à freiner la
sarcopénie, ces pertes de muscle liées à l’âge qui augmentent le
risque de chute, de fragilité et de perte d’autonomie, sujet de
préoccupation majeur en gériatrie.

Mode de vie, fenêtre de 12 heures et
Fasting Mimicking Diet

Sur le volet « mode de vie », Valter Longo prône un « jeûne sans
jeûne » jugé compatible avec la plupart des quotidiens : limiter la
prise alimentaire à une fenêtre de 12 heures. « Il est important de
restreindre l’alimentation à une fenêtre de 12 heures par jour.
L’approche de jeûne la plus sûre est celle qui établit 12 heures de
jeûne nocturne. C’est la plus recommandable car elle est sûre et
efficace », explique-t-il. Une journée type pourrait aller d’un
premier repas vers 8 h à un dîner terminé avant 20 h, sans
grignotage tardif. S’il apparaît une perte de masse musculaire,
surtout à partir d’un certain âge, il admet que ce protocole « doit
être reconsidéré ».

Pour aller plus loin, le scientifique a élaboré la
Fasting Mimicking Diet (FMD), une « diète qui imite
le jeûne » testée chez l’animal puis chez l’humain. Le principe est
de suivre cinq jours consécutifs par mois d’alimentation végétale,
très réduite en calories et en protéines, le reste du temps une
alimentation relativement normale. Dans un article publié dans
Nature Communications, son équipe rapporte que cette stratégie
diminue via plusieurs mécanismes l’âge biologique estimé. Selon
lui, « les régimes qui imitent le jeûne favorisent l’autophagie,
l’activation des cellules souches et la reprogrammation cellulaire
dans des modèles animaux, ce qui conduit à une régénération
multisystémique. Les premières études cliniques sont cohérentes
avec ces résultats chez les animaux ». L’autophagie correspond au
recyclage des composants usés des cellules, un processus de
nettoyage interne qui pourrait participer au ralentissement du
vieillissement.

L’alimentation et les horaires ne suffisent pas à eux seuls :
activité physique régulière, absence de tabac, gestion du stress,
sommeil suffisant et liens sociaux solides restent au cœur d’un
mode de vie protecteur, comme le soulignent la
plupart des études sur la longévité. Pour des changements profonds,
« il est conseillé de bénéficier toujours du soutien d’un
professionnel de santé si nous envisageons un changement de fond de
notre alimentation. A plus forte raison si l’on parle de stratégies
minimement restrictives », avertit l’expert. Toute personne fragile
ou sous traitement chronique gagne à en discuter avec son médecin
avant d’adopter les protocoles popularisés par Valter Longo.

Crédit: Lien source

Les commentaires sont fermés.