Sénégal : le ministère des Sports impose le silence à la Fédération de football sur fond de polémiques

Le ministère sénégalais de la Jeunesse et des Sports a ordonné à la Fédération sénégalaise de football (FSF) de suspendre toute prise de parole dans les médias, à la suite de déclarations controversées de plusieurs de ses dirigeants concernant le parcours des Lions de la Teranga à la Coupe du monde.

Cette décision intervient alors que le football sénégalais traverse une période de fortes turbulences depuis l’élimination de la sélection nationale face à la Belgique (3-2) en seizièmes de finale, ainsi qu’une série de controverses qui ont éclaté dans les semaines ayant suivi le tournoi.

Dans un communiqué publié mardi, le ministère a indiqué avoir demandé à la FSF de mettre un terme à toutes les interviews, déclarations publiques et interventions médiatiques liées à la Coupe du monde.

Selon les autorités, cette mesure vise à préserver l’apaisement de l’opinion publique, à protéger l’image du Sénégal sur la scène internationale et à garantir le respect des institutions de l’État.

Le ministère a également appelé l’ensemble des acteurs du football sénégalais à faire preuve de responsabilité et à éviter d’alimenter des polémiques susceptibles de porter atteinte à la réputation du pays.

Cette décision fait suite aux déclarations du président de la FSF, Abdoulaye Fall, qui a suscité une vive polémique en révélant que le médecin de l’équipe nationale était spécialisé en gynécologie et ne disposait pas, selon lui, du profil académique requis pour assurer le suivi médical de joueurs évoluant au plus haut niveau.

Abdoulaye Fall a affirmé n’avoir découvert cette situation que tardivement, ajoutant que certains internationaux avaient exprimé des doutes quant à la qualité de l’encadrement médical durant la compétition.

Il a estimé que la sélection avait besoin d’un staff médical capable de rassurer les joueurs, tout en soulignant que leur santé demeurait la priorité absolue de la Fédération.

Une nouvelle controverse est apparue après les déclarations du secrétaire général de la FSF, Abdoulaye Seydou Sow, qui a révélé que le cuisinier de l’équipe nationale avait été renvoyé au Sénégal pendant la Coupe du monde à la suite d’accusations de harcèlement sexuel.

Selon lui, cette décision a été prise en concertation avec Abdoulaye Fall et les autorités sénégalaises afin d’éviter une éventuelle arrestation aux États-Unis, de préserver la stabilité du groupe et de protéger l’image du Sénégal à l’étranger.

Le responsable a également estimé que des différences culturelles pouvaient expliquer cette affaire, affirmant que certains comportements considérés comme amicaux au Sénégal pouvaient être interprétés différemment aux États-Unis.

Ces nouvelles révélations ont renforcé les critiques visant la Fédération et se sont ajoutées à une série de dysfonctionnements apparus depuis l’élimination du Sénégal.

Le milieu de terrain Pape Gueye avait déjà annoncé son retrait de la sélection nationale tant que l’encadrement dirigé par l’ancien sélectionneur Pape Thiaw resterait en place.

Par ailleurs, plusieurs médias locaux ont fait état de difficultés financières, administratives et logistiques au sein de la sélection, évoquant notamment des primes promises aux joueurs qui n’auraient toujours pas été versées, malgré les importantes recettes générées par la Coupe d’Afrique des nations 2025 et les campagnes de qualification pour la Coupe du monde.

Pape Thiaw, limogé lundi, n’aurait par ailleurs pas perçu son salaire pendant plus de cinq mois avant son départ.

Selon Abdoulaye Fall, les tensions internes se sont accentuées durant la Coupe du monde après que Pape Thiaw eut demandé une revalorisation salariale, contribuant à installer, selon ses propres termes, un climat devenu « toxique » autour de la sélection nationale.

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