Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a lancé vendredi 3 juillet une « alerte rouge » sur la situation à El-Obeid, grande ville du centre du Soudan assiégée depuis plusieurs mois par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). L’ONU redoute une catastrophe humanitaire comparable à celle d’El-Facher et un déplacement massif de population.
« Les signes en provenance d’El-Obeid sont clairs et sans équivoque : une nouvelle catastrophe en matière de droits humains est en train de se jouer », a déclaré Volker Türk devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève.
Cette ville stratégique du Kordofan-Nord, qui compte environ 500 000 habitants et accueille déjà près de 100 000 déplacés, est encerclée par les FSR, en guerre contre l’armée soudanaise depuis avril 2023.
L’ONU redoute un nouvel exode massif
Pour Mohamed Refaat, chef de mission de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) au Soudan, l’inaction pourrait avoir des conséquences dramatiques. « Si nous n’agissons pas maintenant (…), nous assisterons à un nouveau déplacement de peut-être 500 000 personnes, voire plus », a-t-il averti.
Selon Volker Türk, de nombreux habitants tentent déjà de « fuir la ville », mais les coûts du transport, les combats et les attaques sur les routes empêchent une grande partie de la population de partir.
Le Haut-Commissariat affirme avoir recensé 15 frappes de drones sur El-Obeid et ses environs entre le 6 et le 28 juin. Elles ont fait au moins 45 morts et 41 blessés parmi les civils, un bilan probablement sous-estimé.
Une résolution réclamant un cessez-le-feu
Face à cette dégradation, le Royaume-Uni, soutenu par l’Allemagne, l’Irlande, les Pays-Bas et la Norvège, a demandé un débat d’urgence au Conseil des droits de l’homme. Un projet de résolution appelant à « une trêve humanitaire devant conduire à un cessez-le-feu immédiat » et condamnant « fermement l’escalade des violences » des FSR à El-Obeid doit être examiné lundi.
Volker Türk a également appelé les dirigeants du monde à se mobiliser sans attendre. « C’est une alerte rouge qui doit parvenir aux chefs d’État et de gouvernement du monde entier », a-t-il insisté, dénonçant aussi « l’économie de la guerre », dans laquelle « des acteurs nationaux et étrangers profitent du carnage ».
La guerre qui oppose depuis avril 2023 l’armée soudanaise aux FSR a déjà fait plusieurs dizaines de milliers de morts et déplacé plus de 12 millions de personnes, selon l’ONU.
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