Sur cette pirogue qui fend les eaux de l’Amana, dans l’Ouest guyanais, il n’y a pas qu’un équipage. Il y a 400 000 hectares d’histoire, de mémoire et d’avenir que les peuples autochtones s’apprêtent à faire reconnaître. Plusieurs de ces Yopoto-kali’na, des chefs coutumiers, ne se sont même jamais rendus sur place. Le voyage dure près de deux heures.
Le souvenir du village d’Ulemali
Le groupe s’approche de la rive, près des terres d’un ancien village, Ulemali. Si le village a disparu depuis longtemps dans la végétation, son souvenir est encore bien vivant. L’émotion est grande, à quelques minutes de débarquer sur la rive. Ici, une petite colline escarpée domine le fleuve. Selon les premières estimations, les traces des anciens habitants s’étendaient sur plus de 600 hectares de part et d’autre du fleuve.
D’autres missions à venir
Le but, c’est de les faire entrer dans les 400 000 hectares qui doivent être rétrocédés aux peuples autochtones par l’État, lors des Accords de Guyane. « C’est pour les protéger, d’une part, et d’autre part, pour que la jeunesse puisse s’imprégner de l’histoire, de la présence des anciens dans l’Amana », indique la Yopoto Bénédicte Fjéké.
D’autres missions sont déjà prévues dans les prochains mois, en vue de la restitution de 400 000 hectares.
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