Témoins de Jéhovah bientôt interdits au Cameroun ?

Le Ministre Paul Atanga Nji a reçu ce mercredi 8 juillet à Yaoundé la direction des Témoins de Jéhovah, menée par Stephen Attoh. Hymne national boudé, vaccination refusée, transfusions sanguines rejetées : le ton de l’audience laissait peu de place au doute. Franchement, quand le MINAT ressort le dossier de la suspension historique de cette congrégation, c’est qu’il ne plaisante plus du tout.

Une audience sous tension à Yaoundé

L’audience s’est tenue au siège du Ministère de l’Administration Territoriale. Paul Atanga Nji a rappelé aux responsables des Témoins de Jéhovah que leurs fidèles continuent de poser problème sur plusieurs fronts : refus de chanter l’hymne national, réticences face aux campagnes de vaccination, opposition religieuse aux transfusions sanguines.

Le ministre n’a pas seulement recadré, il a agité un souvenir précis. Celui de la suspension de cette association pendant plus de vingt ans au Cameroun, entre 1970 et 1993, avant qu’elle ne soit autorisée à nouveau. Une manière à peine voilée de dire que l’histoire pourrait se répéter si rien ne change.

Stephen Attoh, à la tête de la délégation, a tenté de calmer le jeu. Il a invoqué les textes bibliques appelant à la soumission aux autorités, promettant un changement de comportement chez les fidèles. Mais le ministre est resté ferme sur un point : aucune croyance ne dispense des obligations civiques.

Interdiction, rappel à l’ordre ou simple mise en garde ?

C’est la question que tout le monde se pose maintenant à Yaoundé. Le gouvernement a-t-il vraiment l’intention de suspendre à nouveau cette communauté, ou s’agit-il d’un simple avertissement musclé pour calmer les ardeurs dogmatiques ?

Le signal envoyé mercredi est clair, quand même : la liberté de culte existe au Cameroun, mais elle ne protège pas contre les décisions administratives si les manquements persistent. Difficile de ne pas y voir une pression calculée, à quelques mois d’éventuelles campagnes sanitaires nationales où la coopération de toutes les communautés religieuses sera nécessaire.

Une chose est sûre. Aucune mesure d’interdiction formelle n’a été annoncée à l’issue de cette audience.

Alain-Claude Ndom

Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.

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