Pour la 40e édition du tour des yoles, la Fédération des yoles rondes de la Martinique (FYRM) a changé son système de récompenses. Les primes ne sont plus versées à l’issue de chaque étape, mais uniquement en fonction du classement général final. Cette année, le vainqueur percevra une prime comprise « entre 10 000 et 11 000 € ».
« Nous avons réajusté les primes parce que quand nous sommes arrivés, il y avait un barème positionné au niveau du tour avec des primes sur les étapes et sur le général. Nous avons choisi de concentrer les récompenses sur le classement général avec quelque chose de plus motivant sportivement. »
Isabelle Malborough, présidente de la Fédération des yoles rondes de la Martinique (FYRM) · ©interrogée par Peggy Pinel-Féréol
L’objectif affiché est également de permettre à un plus grand nombre d’associations de bénéficier d’une récompense financière à l’issue de la compétition.
Des primes toujours impayées pour les éditions précédentes
Cette revalorisation intervient pourtant alors que les primes des années précédentes n’ont toujours pas été intégralement versées aux associations.
La présidente de la Fédération reconnaît que la FYRM traverse d’importantes difficultés financières qui empêchent aujourd’hui le règlement des sommes dues. Une situation héritée, selon elle, de plusieurs années d’accumulation de dettes.
« Si nous étions une fédération à jour de ses primes, elles seraient versées après le tour. Depuis quelques années, des primes sont restées en suspens. Nous sommes en difficulté sur ce sujet et cela pénalise les yoleurs et leurs associations »
Isabelle Malborough, présidente de la Fédération des yoles rondes de la Martinique (FYRM)
Ces sommes représentent pourtant une ressource importante pour les structures sportives, qui les utilisent pour financer leur fonctionnement, leur matériel ou encore les activités destinées à leurs membres.
Les associations dans l’attente de plusieurs versements
Parmi les associations concernées figure Caracoli UFR-Chanflor. Son président, Patrice Montlouis-Félicité, indique ne pas avoir perçu les versements attendus depuis plusieurs saisons.
« Nous n’avons pas reçu la prime de l’année dernière. Je crois que nous attendons encore les versements de 2023, 2024 et 2025. La fédération a plus de 500 000 euros de dettes uniquement envers les associations. »
Patrice Montlouis-Félicité, président de l’association Caracoli UFR-Chanflor
Selon lui, l’absence de visibilité financière fragilise directement les clubs qui supportent l’essentiel des coûts liés à la pratique sportive.
« Un Tour des yoles me coûte entre 45 000 et 50 000 euros. Une prime de 8 000 euros, c’est le prix de deux voiles, de plusieurs bateaux suiveurs ou encore une grande partie des frais de restauration de l’équipe pendant la compétition. »
Patrice Montlouis-Félicité, président de l’association Caracoli UFR-Chanflor
Il rappelle également que les sportifs eux-mêmes ne sont pas rémunérés : ce sont les associations qui perçoivent les aides financières de la Fédération.
La FYRM se veut optimiste pour les primes 2026
Malgré cette situation délicate, la présidente de la FYRM assure rester confiante quant au versement des primes de l’édition 2026.
La Fédération compte notamment sur l’aboutissement d’un dossier de financement européen en cours d’instruction.
« On est optimiste parce que nous avons un dossier Fonds européens plus conséquent, même s’il connaît un certain retard. Nous espérons pouvoir verser les primes de cette année, même si cela se fait avec du retard. »
Isabelle Malborough, présidente de la Fédération des yoles rondes de la Martinique (FYRM)
La dirigeante reconnaît néanmoins que la fin du Tour marque le début d’une autre bataille : celle du règlement des nombreuses factures et des dettes accumulées.
La question du financement des yoleurs
Au-delà du versement des primes, la rémunération des yoleurs et le modèle économique de la discipline restent des sujets majeurs pour la Fédération.
Isabelle Malborough estime que la situation actuelle n’est plus tenable à long terme. Elle évoque notamment l’annulation d’une soirée prévue pour célébrer les sportifs, faute de moyens financiers suffisants.
Interrogée sur la possibilité de financer davantage la discipline grâce aux événements festifs organisés autour du Tour, les « afters yoles », la présidente reconnaît que plusieurs pistes devront être étudiées à l’issue de cette édition.
« Les problèmes financiers de la Fédération font que nous ne pouvons pas tout assumer. Après le Tour, il y aura des réflexions à mener. Nous ne pouvons plus continuer comme ça. »
Isabelle Malborough, présidente de la Fédération des yoles rondes de la Martinique (FYRM)
En attendant, les associations espèrent que les engagements pris pour l’édition 2026 pourront être tenus et que les primes promises au vainqueur et aux autres équipages seront effectivement versées dans les mois suivant la compétition.
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