« Tout le monde savait » : un rassemblement citoyen en faveur de la protection de l’enfance en Guadeloupe, après l’affaire Lyhanna

Une vingtaine de personnes a répondu présente à l’appel du mouvement citoyen « Ansanm pou la pè 971 » et d‘autres associations, qui organisait un au « Rassemblement citoyen pour la protection de l’enfance en Guadeloupe« , sur la place de la Victoire, à Pointe-à-Pitre, ce samedi matin (13 juin 2026). Cette manifestation est née dans le contexte de scandale national autour de l’affaire Lyhanna, du nom de cette enfant tuée dans le Gers par un prédateur sexuel plusieurs fois dénoncé par des victimes, sans réaction des autorités judiciaires.

« Se taire, c’est abandonner nos enfants« , ont affirmé les participants au rassemblement d’aujourd’hui, en Guadeloupe ; un message parmi d’autres véhiculés pour interpeller, sensibiliser et agir face à la souffrance de bien trop de mineurs localement, comme sur l’ensemble du territoire français.

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Face à la poignée de personnes qui sont venues, des mots ont brisé les tabous, ont rompu le silence et réclamé justice. Des témoignages ont été entendus. « Je ne pouvais rien dire, mais tout le monde savait, tout l’entourage savait« , a raconté une dame.

Les enfants martyrs, ceux d’hier comme ceux d’aujourd’hui, étaient dans tous les cœurs.

« L’actualité est particulièrement difficile. Moi, je suis célibataire, je n’ai pas d’enfant, mais ce sont nos enfants qui sont victimes et c’est notre société qui n’est pas capable de réagir. J’ai besoin de montrer ma présence et je pense que c’est la société tout entière qui doit se réveiller. Certes, on attend beaucoup des politiques, mais je pense qu’on doit tous ouvrir nos cœurs et écouter davantage les blessures du monde et se mettre à l’écoute des plus jeunes. C’est notre devoir de citoyen, parent ou pas. »

Témoignage anonyme

« C’est très perturbant que tout cela se produise encore, après des années et tant de signalements. On a l’impression que rien n’est fait. En tant que citoyen, on se demande ce qui se passe et qui prend les décisions. »

Jeune homme

D’autres voix se sont élevées pour dire à quel point la parole des victimes est tue. Même quand elles se tournent vers la justice, certaines sont muselées et, de fait, abandonnées à leur sort. Il est temps de faire avancer ces dossiers !

« Les dossiers sont bloqués. Il y a beaucoup de familles en souffrance. Ce qu’on entend dans l’Hexagone est identique en Guadeloupe, en plus concentré : il y a énormément d’affaires bloquées. Donc, notre objectif aujourd’hui c’est qu’on nous entende au niveau des autorités, qu’elles débloquent les dossiers, entendent les enfants, les croient et accompagnent les familles, livrées à elles-mêmes. Des drames peuvent arriver ; il faut qu’on évite cela. »

Betty Torrent, association « Ansanm pou la pè 971 »

« Il faut que les victimes soient suffisamment protégées et assurées, pendant le parcours judiciaire, ou avant le parcours judiciaire, pour qu’elles ne craignent pas de témoigner. Ce n’est pas qu’il n’y ait pas de situation de violence, d’inceste et de toutes sortes d’emprises en Guadeloupe, le plus gros problème c’est que les personnes ont peur de parler, parce que, le plus souvent, les pourfendeurs, les violeurs, sont des personnes qui ont les moyens de les faire taire, de les faire poursuivre. »

Patricia Chatenay-Rivauday, association « Annou vansé Ansanm »

Quant à la faible mobilisation, elle ne remet pas en cause l’engagement des citoyens rassemblés. Ils en sont persuadés : ce n’est pas parce que les gens ne se sont pas déplacés, qu’ils ne sont pas touchés par la problématique exposée.

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