Les passagers ont découvert la situation au fil de la journée, contraints de revoir leurs trajets. Ce vendredi 3 juillet, l’annonce a suscité de vives réactions chez ceux qui espéraient rentrer rapidement chez eux.
« J’ai été faire mes courses, je serais arrivé chez moi à 10h30 mais bon. »
Dans les bus ou aux arrêts, la patience est de mise. Certains voyageurs expriment aussi une forme de nostalgie des anciens modes de transport.
« Dans le temps c’était mieux quand on avait des taxis collectifs qui circulaient, mais là, tout le temps c’est la galère. »
Une crise financière au cœur des perturbations
À l’origine de ces dysfonctionnements, des revendications financières et sociales. L’exploitation du réseau SUDLIB est fragilisée par plusieurs mois d’impayés.
« On est à peu près à quatre mois de non-paiement, il faut savoir qu’un mois de paiement c’est un peu plus de 1,5 million. Moins la situation sera résolue, moins il y aura de transport dans le sud de la Martinique. Tant que je ne peux pas payer le gazole je ne peux pas faire rouler mes véhicules. »
Félix Dorail, directeur d’exploitation de Mobilité Sud
Une DSP contestée et un avenir incertain
De son côté, Arnaud René-Corail rappelle ne pas être à l’origine de la validation de la délégation de service public (DSP), approuvée en juin 2024 pour un montant de 40 millions d’euros.
Il juge ce montant excessif et appelle à une renégociation avec les actionnaires de SUDLIB. À défaut d’accord, il envisage une résiliation du contrat et le lancement d’un nouvel appel d’offres.
Un week-end sans bus dans le sud de la Martinique
Conséquence directe : samedi 4 et dimanche 5 juillet, aucune ligne ne circulera sur le réseau SUDLIB. Une décision prise pour économiser du carburant et assurer quelques rotations en début de semaine prochaine.
Ces perturbations s’inscrivent dans un contexte budgétaire tendu, marqué par des difficultés de paiement entre SUDLIB et Martinique Transport, fragilisant durablement la continuité du service.
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