Tribune anti-Bolloré : l’art peut « divertir et avertir », défend Laurent Mauvignier, Prix Goncourt 2025
L’écrivain Laurent Mauvignier, prix Goncourt 2025, a pris vendredi 22 mai la défense des signataires de la tribune dénonçant l’emprise de Vincent Bolloré sur le cinéma en France.
« La littérature et le cinéma, contrairement à ce qu’on entend souvent, [ne sont] pas qu’une question de divertissement. L’art est peut-être en partie fait pour divertir, mais aussi pour avertir », déclare à l’Agence France-Presse le romancier à Cannes, où l’adaptation de son roman Histoires de la nuit est en lice pour la Palme d’or.
Le monde du cinéma est en ébullition depuis la décision, dimanche, du patron de Canal+ de boycotter les professionnels ayant signé une pétition dénonçant « l’emprise de l’extrême droite » sur leur milieu, imputée à Vincent Bolloré, actionnaire de référence du groupe.
« Inquiétude » et « consternation »
« Je regarde ça avec une certaine inquiétude et un peu de consternation. Je trouve que tout ça est quand même extrêmement violent », assure l’auteur de La Maison vide, qui décèle un « point de bascule » et « un durcissement idéologique ».
A la mi-avril, l’annonce de l’éviction du patron de Grasset Olivier Nora, maison d’édition dans le giron de Vincent Bolloré, avait déjà déclenché la fronde plus de 200 auteurs.
« J’entends parfois dire que c’est juste un petit problème corporatiste alors que ça soulève des questions qui touchent absolument tout le monde », détaille l’écrivain, qui appelle à « préserver un espace de liberté mais aussi d’une possible ouverture ».
Selon lui, les affaires Canal+ et Grasset montrent d’ailleurs que l’extrême droite en a bien saisi les enjeux pour « modeler le fameux récit national ». « L’extrême droite a une qualité à ce moment-là », ironise-t-il, « c’est qu’eux savent que la culture c’est dangereux, c’est important ».
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