Troubles à l’ordre public : UNSA Douane, opposé au projet de loi RIPOST, menace de se mobiliser en Guadeloupe

La lutte contre les trafics est au cœur des priorités gouvernementales. Mais certaines dispositions du projet de loi RIPOST (Réponse immédiate aux phénomènes troublant l’ordre public la sécurité et la tranquillité de nos citoyens), porté par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, suscitent une vive opposition de la part d’agents des douanes. Plusieurs syndicats nationaux estiment que la douane est écartée par ce texte.

En Guadeloupe, UNSA Douanes dénonce un risque d’affaiblissement de cette administration stratégique. Le syndicat s’inquiète particulièrement de l’article 9 du texte, qui prévoit d’élargir certains pouvoirs de contrôle à la police et à la gendarmerie. Le projet de loi cache-t-il une volonté de « substitution des pouvoirs » ?

« Il faut savoir que l’article 9 du projet de loi RIPOST prévoit une extension des pouvoirs spécifiques à la douane, aux services de police et de gendarmerie, notamment dans les aéroports et les gardes routières ouverts au trafic international, mais également dans une bande qui part du littoral et qui rentre dans l’intérieur du territoire jusqu’à 40 kilomètres à peu près. »

Dauniphane Caraïbe, secrétaire régional UNSA Douanes · ©Chantal Horn, Guadeloupe la 1ère, radio

L’organisation syndicale estime qu’il existe une confusion des missions.

« On risque d’assister à un affaiblissement des capacités de l’État à lutter contre ces trafics puisque, si vous avez des policiers ou des gendarmes sur d’autres missions qui sont leur cœur de métier, pour venir faire des missions qui sont le cœur de métier de la douane, vous comprendrez bien que les vases communicants, là, ça ne va pas marcher. »

Dauniphane Caraïbe, secrétaire régional UNSA Douanes · ©Chantal Horn, Guadeloupe la 1ère, radio

L’UNSA s’émeut de voir les moyens de la douane fondre comme neige au soleil, depuis plusieurs années. L’organisation réclame davantage de moyens humains et matériels dévolus à la douane, plutôt qu’un transfert de compétences.

« Les effectifs de la douane sont considérablement réduits. Il y a 10 ans, nous étions à peu près 350 douaniers en Guadeloupe. Aujourd’hui nous sommes environ 240. Pour lutter contre les trafics, il va falloir commencer par renforcer les effectifs, donner les moyens aux services de remplir leur mission et relever les défis qui sont devant nous, notamment avec le narcotrafic. »

Dauniphane Caraïbe, secrétaire régional UNSA Douanes · ©Chantal Horn, Guadeloupe la 1ère, radio

À défaut, les douaniers opposés à RIPOST considèrent que l’État les « échange contre du papier et des mots« , selon Dauniphane Caraïbe. De quoi créer la confusion aussi pour les citoyens, avance le syndicaliste, qui rappelle que l’action de sa profession est encadrée par le Code des douanes, reconnu pour répondre à des exigences de constitutionnalité.

« Il n’est pas question d’être contre la lutte contre les trafics, puisque la police et la gendarmerie sont aussi sur leur cœur de métier. Toutefois, il y a quand même besoin d’avoir des effectifs douaniers, pour répondre à nos missions. Le contrôle de la marchandise et les réglementations aux frontières, c’est le cœur de notre métier d’ailleurs. »

Dauniphane Caraïbe, secrétaire régional UNSA Douanes · ©Chantal Horn, Guadeloupe la 1ère, radio

Le syndicat envisage de se mobiliser dans les prochains jours, s’il n’est pas entendu.

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