Tyron Joseph : Saint-Laurent-du-Maroni lui rend un dernier hommage

Le silence a remplacé les bruits habituels du complexe sportif Bertène Juminer. Ce mercredi 6 mai, amis, proches, sportifs, camarades de classe et anonymes se sont réunis pour dire adieu à Tyron Joseph, 17 ans, jeune joueur du COSMA handball, disparu brutalement le 14 avril dernier après un malaise survenu lors d’un entraînement.

Le choix du lieu n’était pas anodin. C’est dans ce complexe sportif, au cœur du lycée Bertène Juminer, que Tyron passait une grande partie de son temps. C’est aussi là qu’il s’était effondré quelques semaines plus tôt. Sa famille a accepté qu’il y revienne une dernière fois, entouré de celles et ceux qui l’avaient connu sur les terrains, dans les gradins, au lycée ou simplement dans la vie.

Un dernier adieu dans son lieu de sport

Dans le gymnase, les regards se posent longuement sur le cercueil. Autour, des portraits, des trophées remportés avec le COSMA et des tee-shirts floqués à son image rappellent le parcours d’un jeune sportif déjà remarqué. Sur une affiche, quelques mots résument la douleur partagée : “À seulement 17 ans”.

Mais Tyron Joseph n’était pas seulement un handballeur. Il aimait aussi chanter, écrire, composer. Pendant le recueillement, ses propres chansons ont accompagné les proches. Sa voix a résonné dans le gymnase, comme une présence douce au milieu de l’émotion.

Les clubs sportifs étaient venus nombreux. Handballeurs, basketteurs, footballeurs, jeunes du lycée, amis de quartier : tous semblaient réunis par le même besoin d’être là. Certains pleuraient, d’autres restaient immobiles, le regard fixe. Un temps privé a ensuite été réservé à la famille, avant que chacun puisse lui adresser un dernier au revoir.

Des mots pour raconter Tyron

Après ce temps de recueillement, le cercueil a été conduit à l’église Bon Pasteur de Saint-Laurent-du-Maroni pour une messe d’obsèques. Pendant près d’une heure, la cérémonie religieuse a laissé place aux prières, aux chants et aux témoignages.

Au pupitre, plusieurs proches ont tenté de dire ce que Tyron représentait. L’un de ses amis a résumé la difficulté de parler de lui en si peu de temps : Il a ensuite évoqué un jeune leader, influent dans son groupe, capable de remotiver ses coéquipiers pendant les entraînements ou avant les rencontres.

Un camarade de lycée a gardé l’image d’un garçon profondément respectueux : “C’était un garçon très souriant, avec beaucoup de modestie et beaucoup de respect.” Un autre, venu d’une commune éloignée, a tenu à être présent pour lui dire adieu : “Il fallait que je sois là. Au fil des rencontres, j’avais découvert un garçon vraiment sympathique.”

Ces paroles ont dessiné le portrait d’un adolescent apprécié autant pour ses qualités sportives que pour sa manière d’être : calme, convivial, attentif aux autres.

Une haie d’honneur jusqu’au cimetière

À la sortie de l’église, l’hommage a pris une autre dimension. C’est à pied que le cortège a accompagné Tyron Joseph vers le cimetière, au rythme de chants et de morceaux qu’il avait parfois composés seul ou avec ses amis. Sa musique a continué de l’accompagner sur ce dernier trajet.

Devant le véhicule funéraire, les jeunes sportifs avançaient ensemble. Sur plusieurs dizaines de mètres, footballeurs, basketteurs et handballeurs ont formé une immense haie d’honneur. Certains tenaient un ballon dans les mains. D’autres portaient son portrait ou l’affiche rappelant son âge, si jeune, trop jeune.

Au fil de l’avenue Joseph Symphorien, des habitants attendaient sur le bord de la route. Le cortège grossissait à chaque coin de rue, comme si Saint-Laurent-du-Maroni tout entier voulait l’accompagner jusqu’au bout.

Tyron Joseph laisse derrière lui l’image d’un jeune champion, mais aussi celle d’un garçon aimé, respecté et profondément regretté. Ce mercredi, ce n’est pas seulement un sportif que la ville a accompagné. C’est un fils, un ami, un camarade, un jeune de Saint-Laurent parti trop tôt, entouré une dernière fois par les siens.

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