Un mode de vie à double visage – un mal qui ronge l’intégrité des fonctionnaires.

Les « masques » dans le comportement

Dans son ouvrage « Correction des méthodes de travail », le président Hô Chi Minh pointait du doigt un problème assez répandu parmi les cadres : « Ne jamais parler en face, parler dans le dos », « silence au sein du Parti, beaucoup de blabla à l’extérieur », engendrant des manœuvres sournoises et autres mauvaises habitudes. Selon lui, il s’agissait d’une manifestation d’étroitesse d’esprit, d’individualisme et d’un manque de responsabilité envers l’organisation. Cette critique reste d’actualité.

Au quotidien, l’hypocrisie ne se manifeste pas ostensiblement. Elle s’insinue subtilement dans des comportements en apparence anodins : sourire, acquiescer, voire flatter en face, tout en se plaignant, en colportant des rumeurs et en sapant la réputation d’autrui dans son dos. Ils peuvent rester silencieux en réunion, mais devenir les plus virulents opposants une fois sortis. Ils peuvent paraître dévoués et loyaux envers leurs supérieurs, tout en semant la suspicion et la discorde parmi leurs collègues. Ce sont là les « masques » qu’ils portent dans leurs interactions.

Ce qui est inquiétant, c’est que les personnes menant une double vie sont souvent très difficiles à identifier. Elles n’affrontent ni ne s’opposent ouvertement aux autres. Au contraire, elles projettent souvent une image douce, diplomate et charmante. Par conséquent, le mal qu’elles causent est souvent subtil mais persistant.

Illustration : qdnd.vn

Certains justifient cela en parlant de « savoir-vivre », de « bonnes manières » ou de « préservation de l’harmonie ». Mais en réalité, il ne s’agit pas d’intelligence, mais plutôt d’un refus d’assumer ses responsabilités. Une personne véritablement responsable osera dire ce qui doit être dit, formuler des critiques constructives, défendre ce qui est juste et lutter contre ce qui est injuste. Ceux qui ne se soucient que de protéger leur propre position, leurs intérêts et leur sécurité choisiront de se taire face à autrui et de médire dans son dos.

La cause profonde d’une vie à double visage est la malhonnêteté. Une fois habitués à tromper dans leur vie personnelle, les individus auront facilement recours à la tromperie dans leur travail. N’osant plus dire la vérité à leurs collègues, il leur deviendra très difficile de la dire à leur employeur. Et lorsque le mensonge devient une habitude, les valeurs morales s’érodent peu à peu.

Le président Hô Chi Minh a un jour déclaré : « Notre Parti est moral et civilisé. » Pour maintenir cette qualité, chaque cadre et membre du Parti doit avant tout être honnête en pensée, en parole et en acte.

Les fissures commencent par le silence et la tromperie.

L’unité est la source inébranlable de la force du Parti, de l’Armée et de toute organisation. Mais la véritable unité ne se limite pas à un consensus formel, ni au silence face à l’injustice.

De son vivant, le président Hô Chi Minh a insisté sur le fait que la critique doit permettre à chacun de corriger ses erreurs et de progresser. Il exigeait toujours qu’elle soit franche, honnête, ouverte et empreinte de camaraderie et d’affection. À l’inverse, la trahison n’est pas une critique ; elle témoigne d’un manque de constructivité, n’aide pas ceux qui ont des faiblesses à corriger leurs erreurs, n’améliore pas l’organisation, mais ne fait qu’accroître la suspicion, éroder la confiance et créer des divisions internes.

L’expérience montre que de nombreux conflits au sein des organisations et des unités ne proviennent pas de problèmes majeurs, mais plutôt de commérages irresponsables. Une histoire non vérifiée, une rumeur infondée, une interprétation subjective : autant d’éléments qui peuvent mettre le feu aux poudres et nuire aux relations entre supérieurs et subordonnés, entre camarades, collègues et pairs.

Plus inquiétant encore, à l’ère du numérique, la trahison ne se limite plus à un petit cercle d’individus. Un simple clic, un commentaire insinuant ou une publication irresponsable suffisent à propager à une vitesse fulgurante des informations non vérifiées. Bien souvent, l’honneur et la réputation des personnes et des organisations sont gravement atteints par des informations motivées par l’envie, la jalousie ou des arrière-pensées.

Derrière ce mode de vie hypocrite se cache la montée de l’individualisme. On craint de donner un avis direct par peur d’offenser, de défendre ce qui est juste par crainte de compromettre ses intérêts personnels, et de lutter contre l’injustice par peur des conflits… Progressivement, le bien n’est plus protégé et le mal reste impuni. Les personnes intègres n’osent plus s’exprimer et les opportunistes prospèrent. Dès lors, les normes éthiques commencent à se pervertir. Les personnes honnêtes peuvent être perçues comme « sans tact » et les personnes directes comme « rigides ». Parallèlement, ceux qui savent flatter et dissimuler leurs véritables pensées sont jugés « bien élevés ». C’est un signe avant-coureur d’une déviation des normes au sein de la culture organisationnelle.

Le professeur agrégé Do Chi Nghia, membre de la Commission de la culture et de la société de l’Assemblée nationale , soutient que le déclin moral ne survient généralement pas soudainement, mais débute par de petites déviations éthiques et comportementales. Lorsque la malhonnêteté est banalisée, les principes organisationnels sont progressivement bafoués. Et lorsque la confiance entre les individus est rompue, la force collective s’effrite.

L’histoire montre que de nombreuses organisations autrefois très puissantes se sont affaiblies de l’intérieur par manque d’unité. Les ennemis extérieurs peuvent difficilement ébranler un groupe uni, mais la tromperie, le factionnalisme, l’envie et la calomnie peuvent le détruire sournoisement, jusqu’à ses racines. C’est ce contre quoi le président Hô Chi Minh avait mis en garde très tôt.

Préserver l’intégrité d’un fonctionnaire public par l’honnêteté et la franchise.

Tout déclin commence par la négligence de l’autodiscipline ; inversement, toutes les bonnes qualités se forgent par les actions quotidiennes.

Pour éviter l’hypocrisie, il est primordial que chaque responsable se livre régulièrement à un examen de conscience et à une remise en question. Il doit se demander s’il a été véritablement honnête, s’il ose exprimer ses opinions devant l’assemblée, et si ses suggestions visent le bien commun ou simplement à satisfaire des désirs personnels.

Pour les organisations, il est essentiel de créer un environnement véritablement démocratique où chacun peut exprimer ses opinions avec franchise et responsabilité. La démocratie ne consiste pas à déverser sa colère ni à s’attaquer personnellement, mais à trouver les meilleures solutions pour le travail et le bien commun.

De plus, il est essentiel de promouvoir une culture du débat constructif. Une équipe performante n’est pas celle où chacun partage le même avis. Une équipe performante est celle où chaque opinion est entendue, chaque problème est abordé avec franchise et chaque décision vise un objectif commun.

Le rôle des dirigeants est primordial pour donner le bon exemple. S’ils sont justes, transparents, ouverts d’esprit et respectueux des critiques constructives, leurs subordonnés seront incités à dire la vérité. À l’inverse, s’ils privilégient la flatterie et rejettent les opinions divergentes, la malhonnêteté prospérera.

Dans l’armée, l’honnêteté a toujours été considérée comme une valeur fondamentale du soldat révolutionnaire. Honnêteté envers le Parti, la Patrie et le peuple ; honnêteté envers ses camarades et ses compagnons d’armes ; honnêteté envers soi-même. Il ne s’agit pas seulement d’une exigence morale, mais aussi d’une exigence de caractère. Car dire la vérité est parfois plus difficile que de dire ce que les autres veulent entendre. Lutter contre l’injustice est parfois plus difficile que de se taire. Défendre ses principes est parfois plus difficile que de faire des compromis, mais ce sont précisément ces qualités qui forgent le caractère d’un officier révolutionnaire.

Près de 80 ans se sont écoulés depuis que le président Hô Chi Minh a écrit « Révision des méthodes de travail », mais sa mise en garde contre le fléau qui consiste à « faire preuve de déférence en face de quelqu’un tout en se plaignant dans son dos » conserve une profonde pertinence contemporaine.

Un comportement hypocrite nuit non seulement à la réputation des responsables, mais érode également la confiance, affaiblit l’unité et sape la combativité de l’organisation. Chaque parole mensongère, chaque silence pour se dérober à ses responsabilités, chaque acte hypocrite peut ébranler les fondements moraux.

Combattre l’hypocrisie ne consiste donc pas simplement à corriger une habitude comportementale ; c’est un processus visant à protéger les valeurs fondamentales des cadres révolutionnaires, à préserver l’intégrité de l’organisation et à renforcer la confiance, l’unité et la force intérieure. C’est aussi un moyen concret pour chaque cadre d’appliquer aujourd’hui les enseignements du président Hô Chi Minh : vivre honnêtement, avec droiture et sincérité, en plaçant les intérêts du Parti, de la Patrie et du peuple au-dessus de tout.

Source : https://www.qdnd.vn/phong-chong-tu-dien-bien-tu-chuyen-hoa/loi-song-hai-mat-can-benh-lam-xoi-mon-pham-chat-can-bo-1052200

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