« Une liaison directe Moncton-Paris : et si c’était possible ? » Le Réseau d’affaires français du Nouveau-Brunswick veut relier par vol direct la seule province officiellement bilingue du Canada à la France pour favoriser les occasions d’affaires, le tourisme et l’immigration francophone, a-t-il annoncé en début de semaine.
Selon l’outil d’agrégateur de vols de Google, il faut présentement entre 14 h et 23 h de trajet pour voyager de l’aéroport international Roméo-LeBlanc, de la grande région de Moncton, à l’aéroport Paris-Charles de Gaulle, puisque les vols directs n’existent pas.
« Dans le cadre de nos initiatives pour dynamiser la connectivité des provinces de l’Atlantique, nous étudions la viabilité d’une liaison aérienne directe entre Moncton et l’aéroport Paris-Charles de Gaulle », a écrit lundi dans une publication Facebook le Réseau d’affaires français du Nouveau-Brunswick-Méridien 64 (RAFNB-Méridien 64).
Pour se donner des arguments face aux compagnies aériennes, l’organisme a lancé mardi une étude de marché sous la forme d’un sondage d’une quinzaine de questions.
« Les premières demandes de contacts avaient abouti à la réponse que les compagnies aériennes doivent s’appuyer sur des données probantes pour lancer une véritable étude de marché ou expérimenter un lancement », explique Jonathan Duffaud, président-directeur général du Réseau de développement économique et d’employabilité du Nouveau-Brunswick (RDEE NB). « Nous allons donc leur fournir cela bientôt », soutient-il dans un courriel.
Contactées par Le Devoir, les compagnies aériennes qui desservent l’aéroport de Moncton ont indiqué que cette liaison n’était pas envisagée pour l’instant.
Pour sa part, Air Transat a soutenu qu’elle se réjouissait « de l’intérêt manifesté pour l’amélioration de la connectivité aérienne au départ de Moncton ».
« Nous demeurons à l’écoute des besoins du marché et poursuivons notre évaluation des possibilités de développement de notre réseau ; toutefois, nous n’avons actuellement aucune annonce à faire concernant un éventuel service sans escale entre Moncton (YQM) et Paris (CDG) », a répondu Marie-Christine Pouliot, cheffe des relations publiques pour l’entreprise.
Dans un bref courriel, Air Canada s’est contenté d’indiquer que « cette liaison ne fait pas partie de [ses] projets dans l’immédiat ».
« Des besoins multiples »
« Le projet de ligne aérienne directe Moncton-Paris répond à des besoins multiples », écrit Jonathan Duffaud. Le RDEE, et M. Duffaud personnellement, sont très enthousiastes quant à l’initiative lancée.
D’abord, indique-t-il, il s’agirait d’un « gain de temps énorme pour les entrepreneurs et voyageurs d’affaires, dans les deux sens ». Il cite entre autres des voyages récents de délégations françaises dans le cadre des Jeux de l’Acadie ou encore des déplacements dans le cadre du Festival interceltique de Lorient.
Cette liaison serait aussi bénéfique à l’immigration francophone, soutient M. Duffaud. « Depuis 10 ans, le volume des résidents temporaires et permanents dans la province, et particulièrement dans le Grand Moncton, s’est multiplié très fortement. » Les visites vers leurs pays d’origine sont hasardeuses et le fait de devoir passer par Montréal ou Toronto est un « frein important aux déplacements », estime-t-il. « Souvent, il est plus avantageux financièrement de se déplacer en véhicule personnel (10 h de route à l’aller et 10 h au retour) pour rejoindre l’aéroport de départ international en minimisant les risques. »
Il croit aussi que ces vols permettraient de développer le tourisme dans la région.
« Nous espérons que l’aéroport, qui a déjà demandé à nous rencontrer, soutiendra la démarche, et relaiera le sondage sur [ses] réseaux sociaux. Le gouvernement du Nouveau-Brunswick est bien sûr informé de la démarche et nous ferons un bilan début septembre », termine-t-il.
Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.
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