Ce vendredi 29 mai, à l’hôpital Mangot Vulcin, nous avons rencontré deux patients hospitalisés au centre de traitement des brûlés. Depuis plusieurs mois, ils suivent un parcours de soins long et douloureux.
L’un d’eux présente de graves brûlures provoquées par de l’huile de friture. Après avoir préparé des frites, il pensait avoir éteint le feu. Mais quelques minutes plus tard, une forte odeur puis une épaisse fumée l’alertent. Trop tard : fragilisé par la combustion de l’huile, le récipient finit par exploser entre ses mains. Une partie de son buste et de ses jambes est sérieusement brûlée.
« La cuisine était en feu ! Ma femme, qui est asthmatique, était gênée par la fumée… elle a perdu connaissance. Ce sont les voisins qui ont appelé les secours. J’ai passé plusieurs semaines en soins intensifs… Ça fait mal, très mal« , confie Clertain Rochur, patient brûlé hospitalisé.
Depuis deux mois, le docteur Ciprian Isacu, chirurgien plastique spécialisé dans la réparation et le traitement des brûlés, ainsi que son équipe soignante, lui prodiguent des soins quotidiens. Nettoyage des plaies, pansements, surveillance constante : un rituel indispensable pour favoriser une cicatrisation qui prendra encore du temps. Fort heureusement, ce patient ne nécessitera pas de greffe.
Dans la chambre voisine, un autre patient lutte lui aussi contre de lourdes séquelles. Brûlé à l’eau bouillante, il souffre également d’une pathologie qui complique le traitement et ralentit la guérison. Pour tenter de sauver son pied gravement endommagé, le chirurgien a dû prélever des fragments de peau sur sa cuisse afin de réaliser une greffe.
« La peau est un organe extrêmement fragile. Aucun être humain ne peut vivre sans peau. Une brûlure peut être très dangereuse et, si elle n’est pas prise en charge rapidement, des complications graves peuvent apparaître« , rappelle le docteur Ciprian Isacu.
Les bons réflexes en cas de brûlure
Face à une brûlure, les médecins déconseillent fortement les recettes de grand-mère ou l’utilisation de pommades inadaptées, qui risqueraient d’aggraver les lésions. Avant l’arrivée des secours, il est recommandé de refroidir immédiatement la zone touchée avec de l’eau tempérée, sauf dans le cas d’un accident provoqué par un système électrique.
Des accidents fréquents en Martinique
En Martinique, les dizaines de patients hospitalisés chaque année pour des brûlures sont souvent victimes d’accidents domestiques ou festifs. Les barbecues figurent parmi les causes les plus fréquentes, notamment lors des rassemblements familiaux.
Mais d’autres facteurs préoccupent les soignants. Les expositions prolongées au soleil peuvent provoquer des brûlures parfois sévères, notamment chez les personnes à la peau claire. Les rayons UV sont capables d’entraîner des brûlures du deuxième degré plus ou moins profondes.
Ces dernières années, les brûlures liées aux fritures sont également en nette augmentation. Le docteur Isacu souhaite toutefois attirer l’attention sur un autre phénomène : les accidents de moto. Souvent insuffisamment protégés, certains motards victimes de chutes présentent des brûlures extrêmement graves provoquées par le frottement contre la chaussée ou le contact avec des pièces brûlantes de l’engin.
Le chirurgien évoque notamment les jeunes adeptes de « cabrages », régulièrement pris en charge au centre de traitement des brûlés après des accidents parfois dramatiques.
Des périodes particulièrement à risque
Pâques, Pentecôte ou encore les grandes vacances figurent parmi les périodes où les urgences accueillent le plus de personnes brûlées. Ces moments festifs, marqués par les réunions familiales et amicales, favorisent les barbecues, fritures et autres activités à risque.
À l’approche des grandes vacances, les soignants du centre de traitement des brûlés lancent donc un appel à la plus grande vigilance.
Ils rappellent également qu’en Martinique, il n’existe pas de structure spécialisée capable de prendre en charge les grands brûlés, c’est-à-dire les patients dont les brûlures touchent non seulement la peau mais aussi les tissus profonds du corps. Lorsque leur état le permet, ces victimes sont généralement transférées vers des établissements spécialisés hors du territoire.
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