VIDÉO. Sénégal: Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, nouveau Premier ministre à la place d’Ousmane Sonko | TV5MONDE
Moins de 48h après que le président a mis fin aux fonctions du Premier ministre, le président de l’Assemblée nationale a démissionné, ouvrant un boulevard à Ousmane Sonko pour le remplacer.
Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô est un ancien de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (Bceao), présenté comme au fait des « arcanes économiques et financiers« . « Le Sénégal est un pays sûr et viable et entend le rester », a déclaré Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, évoquant « la situation financière difficile » du pays, dans sa première déclaration lundi 25 mai, après la lecture de son décret de nomination sur la télévision publique. L’ex-banquier est spécialiste de la macroéconomie, de la régulation bancaire et des marchés financiers, citent différents médias.
Le nouveau Premier ministre a estimé que sa nomination ne constituait pas un changement de cap, mais « plutôt d’un changement de méthode dans la cohérence institutionnelle et de l’action gouvernementale voulue par le chef de l’État, en veillant à la fidélité, aux engagements du projet impulsé par tous ceux qui se sont mobilisés autour du programme »Diomaye président », avec comme socle, le Pastef ».
Il a ainsi cité la transparence et « la souveraineté économique et culturelle » parmi les fondements de son action, autant de mantras en vogue sous Ousmane Sonko. Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a été secrétaire général dans le premier gouvernement formé par Bassirou Diomaye Faye, au pouvoir depuis avril 2014, avant d’être nommé ministre. Il était alors chargé du suivi, du pilotage et de l’évaluation de l’agenda Sénégal 2050, dont l’objectif était, selon ses mots, de construire « un Sénégal souverain, juste et prospère« . Le technocrate reste peu connu du grand public.
Ousmane Sonko réintégré en tant que député?
Cette nomination a lieu alors que la situation financière du pays ouest-africain est plombée par son énorme dette, 132% du PIB. Son traitement est un point de divergences entre le chef de l’État et son ex-chef de gouvernement. Si le président Faye souhaite discuter avec le Fonds monétaire international (FMI) d’un nouveau programme d’aide, le Premier ministre Sonko vantait lui une approche souverainiste.
À leur arrivée au pouvoir en 2024, les nouvelles autorités avaient accusé le pouvoir de l’ex-président Sall d’avoir caché une partie de la dette, entraînant la suspension du programme d’aide du FMI de 1,8 milliard de dollars. Les deux hommes se sont séparés après des mois de tensions.
Leurs divergences portent aussi sur le traitement des dossiers de justice. Plusieurs anciens responsables sous l’ex-président Macky Sall (2012-2024) sont accusés de mauvaise gestion et d’implication dans les violences politiques, qui ont fait des dizaines de morts entre 2021 et 2024.
Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a été nommé à la veille de la réunion plénière de l’Assemblée nationale, qui doit examiner mardi 26 mai la « réintégration » au poste de député de Ousmane Sonko. Élu lors des législatives de novembre 2024, Ousmane Sonko avait renoncé à son mandat pour rester chef de gouvernement.
Un membre du gouvernement peut redevenir député s’il quitte l’exécutif. Dimanche 24 mai, le président de l’Assemblée nationale El Malick Ndiaye, un fidèle de Ousmane Sonko, a présenté sa démission, ouvrant la voie à l’élection au perchoir de l’ex-Premier ministre, leader du parti Pastef, fort de 130 députés sur 165.
Les députés sont convoqués mardi 26 mai à 9 heures (locales et GMT) afin de voter la « réintégration du député Ousmane Sonko » et d’élire le prochain président de l’Assemblée nationale, selon un document officiel publié dimanche soir. Un « coup d’État institutionnel » est en préparation avec ce « forcing que la majorité veut imposer« , a dénoncé lundi 25 mai la cheffe des députés de la principale coalition de l’opposition, Aïssata Tall Sall, lors d’une conférence de presse.
Empêché de se présenter à la présidentielle en raison d’une condamnation pour diffamation, Ousmane Sonko avait désigné son bras droit, Bassirou Diomaye Faye, pour le remplacer dans la course mais des divergences sont apparues entre eux. Avec une rhétorique panafricaniste, Ousmane Sonko avait suscité l’engouement des jeunes Sénégalais, après des mois d’un bras de fer avec Macky Sall, président de 2012 à 2024. Il avait violemment réprimé des manifestations contre la possibilité qu’il brigue un troisième mandat.
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