Lundi soir, un homme de 39 ans a été criblé de balles, allée Desclieux à Fort-de-France par deux individus en voiture. Une nouvelle affaire sur fond de trafic de stupéfiants, au vu des premiers éléments recueillis sur place par les enquêteurs du Service Territorial de la Police Judiciaire.
Ce nouveau meurtre est, en tout cas, le 11ème homicide depuis le début de l’année en Martinique, le 10ème par arme à feu et le 6 ème, en zone police.
Pour Jimmy Hellenis, secrétaire territorial adjoint d’Unité Police, invité du journal de 13h ce mardi 12 mai, aucun doute, les faits de violences ont bien un lien avec le trafic de stupéfiants en Martinique.
On ne va pas se voiler la face. Bien souvent, quand on parle de meurtres, avec une telle violence, c’est sur fond de trafic de drogues. Elle circule énormément sur notre territoire. Nous sommes un lieu de transit et de consommation. Dès qu’on parle d’armes, on parle à 90%, voire plus, de trafics de stupéfiants.
Cette nouvelle scène de crime inquiète, en tout cas, fortement les syndicats policiers qui confessent un sentiment d’impuissance face à cette escalade de violences quasi quotidienne.
Nous ne sommes pas en nombre suffisant. Face à quelque chose qui prend de l’ampleur, vu le nombre que nous sommes, c’est impossible de quadriller le terrain. Il faut vraiment que nos politiques prennent le problème à bras-le-corps pour ne pas que ça empire car nous n’en sommes qu’au début.
« Agir vite avant d’être complètement et définitivement débordés »
Les syndicats l’assurent : cela fait des années qu’ils réclament « des moyens tant au niveau humain que matériel pour tenir le terrain face à cette progression exponentielle de la délinquance.
Des individus de plus en plus jeunes, de plus en plus violents imposent, entre autres, la tenue d’un véritable plan Marshall de la sécurité en Martinique. Il ne faut plus seulement tenir le terrain il nous faut aujourd’hui le récupérer et le maintenir après l’avoir récupéré », alerte Unité Police.
Et d’ajouter que « trop de tâches accumulées avec une explosion du trafic de drogues éloignent de leurs missions les effectifs de police ».
Des gardes statiques en milieu hospitalier, des mules à surveiller, des effectifs départementaux qui doivent compenser l’absence des brigades police secours. Aujourd’hui personne n’est à sa place pour gérer les missions de voie publique. Nous devons retrouver une place centrale au milieu de la cité avec des contacts privilégiés avec la population, avec des interpellations pour les moindres délits et présenter les auteurs à la justice dont la main ne doit pas trembler.
Pour le syndicat, l’ensemble des ministres de l’intérieur passés par la Martinique, mais aussi le Directeur Général de la Police Nationale et le Directeur National de la Sécurité Publique ont été saisis des problématiques et spécificités martiniquaise.
Il s’agit maintenant « d’agir vite avant d’être complètement et définitivement débordés », lance encore Unité Police.
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