Des chauve-souris sont menacées par les sept éoliennes du parc de Grand’Rivière. La SFEPM, société française pour l’étude et la protection des mammifères, le groupe chiroptères de Guadeloupe et l’association ASFA alertent sur les chiffres de mortalité alarmants de ces mammifères sur le parc éolien GRESS 1. Les éoliennes se situent en effet à moins de 500 mètres d’un gîte de chauve-souris, classé en 2016 d’intérêt prioritaire majeur pour l’île.
Ces associations s’inquiètent également de la menace supplémentaire que représentent les deux projets de parcs éoliens GRESS 2&3 prévus au Macouba, à proximité du site de Grand’Rivière, et donc du gîte important de chauve-souris.
Selon le bureau d’études Siteléco, 192 cadavres de chauve-souris ont été retrouvés au pied des éoliennes de Grand’Rivière entre 2019 et 2024. Chaque éolienne du parc serait responsable de la mort de 30 de ces mammifères par an. Neuf espèces seraient impactées sur les 11 présentes en Martinique. Elles sont toutes protégées et plusieurs sont endémiques des petites Antilles.
Depuis 2021, les éoliennes de Grand’Rivière doivent s’arrêter à certaines heures de la nuit pour réduire leur impact. Une mesure dite de “bridage” pas assez efficace selon Pauline Bascole, chargée de mission chiroptère à la SFEPM :
Les chauves-souris ne meurent pas uniquement en percutant les pales des éoliennes. Elles peuvent également être victimes d’un phénomène qui est appelé le barreau traumatisme. C’est un peu ce qui peut arriver à un plongeur lorsqu’il remonte trop rapidement à la surface. Le passage au niveau des pales va provoquer des variations de pression qui vont être tellement brutales, que ça va provoquer des lésions internes au niveau de leurs organes. La chauve-souris va tout simplement imploser.
Des espèces essentielles pour l’écosystème
Si ces chauve-souris souffrent souvent d’une mauvaise image, Pauline Bascole, rappelle qu’elles sont essentielles pour les écosystèmes :
Une chauve-souris, ça ne va pas s’accrocher à nos cheveux. En Martinique et en Guadeloupe, elles ne vont pas boire notre sang. Ce ne sont pas non plus des espèces qui vont pulluler, comme on entend très souvent. Les colonies présentes dans les habitations ne présentent pas un risque sanitaire particulier pour les habitants. Les chauves-souris jouent également un rôle écologique qui est essentiel. On a certaines espèces qui participent à la pollinisation de nombreuses plantes, d’autres qui dispersent des graines ou contribuent à réguler les populations d’insecte.
Les chauves-souris rendent de nombreux services écosystémiques, aux habitants et à l’écosystème en général.
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